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Une nécropole mérovingienne découverte en Dordogne

Une nécropole mérovingienne découverte en Dordogne

Les archéologues de l’Inrap ont découvert 360 tombes de la fin du Vème siècle à Saint-Laurent-des-Hommes, en Dordogne. Intervenant dans le cadre des fouilles préventives sur un site destiné à être recouvert par un lotissement, ils s’engagent dans une véritable course contre la montre pour remonter à la surface un maximum de données de cette exceptionnelle nécropole mérovingienne

C'est un immense champ d'un hectare et demi, où la terre ocre est arasée et parsemée d'une multitude de fosses de la taille d'un homme. Quelques abris de toile protègent une dizaine de personnes agenouillées dans les trous, grattant méticuleusement une légère excroissance métallique ou pelletant en douceur la terre superflue. Ici, dans quelques mois, des maisons seront alignées pour constituer un banal lotissement. En attendant, les 360 structures creusées de Saint-Laurent-des-Hommes (24) constituent la plus exceptionnelle nécropole mérovingienne de plein champ découverte en Aquitaine. « Toutes les fosses sont orientées ouest-est, elles ne se recoupent pas. Ca veut dire qu'il y avait de la place et que les inhumations ont eu lieu sur une courte période », vraisemblablement de la fin du 5ème au début du 6ème siècle. Christian Scuiller, responsable des fouilles à l'Inrap, fait partie des trois personnes qui ont commencé à décaper le sol en larges bandes, à la pelle mécanique plate, au mois d'avril dernier. Des préliminaires à toute fouille préventive, destinés à confirmer ce qui avait été repéré avec les tranchées de sondages. Trois semaines de travaux au cours desquelles il s'est vite rendu compte que les trois mois et demi de chantier accordés par le Service Régional d'Archéologie sur la foi des sondages seraient largement insuffisants face à l'ampleur de la découverte. « On n'avait que jusqu'à la mi-juillet. Il a fallu faire venir une commission pour obtenir un délai. » D'autant que la nécropole n'est pas seule : juste à côté, une forêt de trous de poteaux, des alignements de tuiles romaines, un amas de silex du paléolithique moyen, des fosses de l'âge du bronze et des fonds de cabanes du haut-moyen-âge, prouvent que le terrain a connu une occupation riche et continue. Et pose des énigmes sur la destination de ce lieu. Sur la cartographie du terrain accrochée au mur d'un des Algeco du chantier, la vision est saisissante.

Après leurs extractions les objets sont nettoyés. Ici, une attache à moitié nettoyée et une boucleAvec une équipe renforcée, il aura jusqu'à fin octobre pour sauver ce qui peut l'être et remettre le terrain dans l'état où il l'a trouvé, terre stérile en dessous et terre végétale au dessus. Le délai devrait être suffisant mais la découverte a peu de chances d'être préservée des travaux du lotissement : pas assez spectaculaire pour constituer une attraction touristique : « Lorsqu'il y a des structures en dur, c'est plus facile à conserver tel quel. » Même si cela peut se produire, surtout quand il n'y a pas d'intérêts économiques en jeu, il est rare qu'une fouille préventive aboutisse à une conservation du site. Christian Scuiller connaît la règle du jeu et se satisfait déjà de pouvoir boucler ce chantier sans rien oublier : « Après, il y aura au moins six mois de post-fouille » pour inventorier et dater précisément le matériel récupéré et publier les résultats. Et il se prend même à espérer une extension du lotissement pour poursuivre dans la continuation du terrain, où il est presque certain de pouvoir éclairer un peu plus les mystères que pose le champ de poteaux. D'ici là, les propriétaires des maisons à bâtir se seront installés sur une rareté archéologique du sud-ouest.