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Saumons et truites en pleine reproduction dans les Pyrénées

Saumons et truites en pleine reproduction dans les Pyrénées

En cette fin janvier, le temps est clair et les eaux du gave d’Oloron limpides. Ici, à Oloron Sainte Marie comme sur une grande partie du gave, truites et saumons sont en pleine reproduction.
Tous deux salmonidés, ils ont une période et un milieu de reproduction similaires.

Les saumons passent l’estuaire de l’Adour et remontent le gave de Pau (1) pour trouver des conditions optimums et se créent des frayères au même endroit que les truites.

Si la période de pontes se concentre surtout entre Noël et le Nouvel An pour les saumons, ils peuvent pondre jusqu’à la fin janvier si les conditions le permettent. Les truites, elles se reproduisent sur une période plus longue mais les deux poissons ont des exigences précises et élevées. Température de l’eau à 6°C, milieu très oxygéné (toute pollution est évidemment très perturbante), courant particulier, profondeur, granulométrie des cailloux, … autant de paramètres qui entrent en jeu pour la dépose des œufs.

Lionel Armand, technicien environnement de l’AAPPMA (2) explique : « les femelles truites tout comme les femelles saumons se mettent sur le côté pour soulever avec leur queue les cailloux et y déposer en plusieurs fois leurs œufs que le mâle de leur espèce recouvre aussitôt de sa laitance avant de les protéger du gravier précédemment dégagé, où eux-mêmes seront sensibles à toutes les conditions du milieu naturel. » Il faut attendre le printemps pour l’éclosion des salmonidés.

Les tacons (petits saumons) passeront un an dans la rivière avant de profiter de la fonte des neiges pour redescendre le cours d’eau jusqu’à la mer et continuer ensuite leur migration au Nord vers les Iles Féroé et le Groenland.

Là, ils se nourrissent d’une alimentation très riche composée de poissons et de crustacés et s’engraissent vite atteignant jusqu’à 60 cm dès la première année. Puis ils recommencent la migration vers leurs frayères natales après une à trois années de mer. Un périple de 15 000 kilomètres.
Les petites truites, elles, resteront dans les rivières (3).

Les saumons revenant en eau douce dès l’été pour se reproduire, arrêtent de se nourrir et vivent sur leurs graisses. Seuls 10% auront les réserves nécessaires pour repartir et affronter les nombreux obstacles des barrages. Exténués et ayant perdu la moitié de leur poids, ils meurent en grande majorité sur place, sur leur lieux de naissance. Ceux qui parviennent à rejoindre les eaux du Nord, reviendront accomplir une nouvelle reproduction après s’être à nouveau engraissés.  
 



(1) En France, le saumon atlantique remonte les cours d’eau du littoral atlantique. L’espèce est donc présente en Bretagne, Normandie, sur l’axe Loire-Allier et pour l’Aquitaine, dans les gaves des Pyrénées, la Garonne et la Dordogne jusqu’à Beaulieu-sur-Dordogne.

(2) Lionel Armand est guide de pêche et technicien environnement de l’Association agréée pour la pêche et la protection des milieux aquatiques du gave d’Oloron

(3) Certaines truites peuvent rejoindre l’océan et vivre dans le Golf de Gascogne, devenant dès lors truites de mer. Si la classification de Linné les distingue, les études génétiques ont prouvé qu’il s’agissait de la même espèce mais qui change d’aspect à cause de son milieu naturel, de son alimentation,…

Photos Pierre Baudier et Lionel Armand

 

Alexandre Marsat

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