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Une île d’expérimentations variétales en pleine métropole bordelaise

Une île d’expérimentations variétales en pleine métropole bordelaise

L’île d’Arcins a appartenu à l’Inra jusqu’en 2002

La nature a repris ses droits mais la tranquillité y est restée la même. En plein milieu de la Garonne, à moins de six kilomètres de la place de la Bourse de Bordeaux, l’île d’Arcins s’étend entre les berges de Bègles et de Latresne. Bientôt ouverte au public par ses nouveaux propriétaires, elle a appartenu à l’Inra jusqu’en 2002.
Après la guerre, l’institut d’agronomie décide d’acquérir cette bande de terre longue de 3 kilomètres, occupée jusqu’alors par une ferme viticole, pour y effectuer ses expérimentations variétales d’arbres fruitiers.


Ces trente-sept hectares, ne sont pas choisis au hasard. Le fleuve dépose ses alluvions argilo-limoneuses, homogènes, faciles à travailler et très favorables pour les essais de porte-greffe des fruits à noyau et à pépins. Reposant sur des graves, le drainage n’y est que meilleur. « L’avantage principal de cette île, est qu’elle bénéficie d’un micro-climat la protégeant des gelées. On a donc pu mesurer les qualités génétiques des pêchers, pommiers, kiwi… pendant des dizaines d’années.  », explique Pierre Chassin, ancien président du centre Inra Bordeaux-Aquitaine.
Pendant cinquante ans, les équipes de l’Inra ont travaillé sur les améliorations qualitatives et quantitatives des espèces fruitières que l’institut vendait aux pépiniéristes.
Non seulement les espèces ont été améliorées sur cette île mais l’Inra y a mis au point des créations variétales.


Mais, avec la connaissance des génomes, les chercheurs de l’Inra ont abandonné petit à petit les expérimentations sur l’île. « Avant, il nous fallait parfois attendre 10 ans pour connaître un résultat, aujourd’hui on peut savoir si les génomes étudiés se trouvent dans les descendants de la création variétale, dès l’année suivante. » L’île de moins en moins utilisée par l’Inra dès le début des années 90 a été très lourdement touchée par la tempête de 1999. Devant l’importance des travaux a réaliser, l’institut d’agronomie a décidé de vendre l’île.
Certains fruitiers ont résisté malgré l’absence d’entretien et de traitement. « Ici, on a des pommiers pitchounette qui ne sont pas malades. C’est l’une des toutes premières création variétale de l’Inra, qui ne subit pas la tavelure. » Des fruits dont les sangliers, présents sur l’île avec les biches, chevreuils et autres oiseaux migrateurs de passage, peuvent se régaler. Avant que l’île ne soit ouverte aux touristes.

Photo AM

Alexandre Marsat

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