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Une approche des fluides révolutionnaire pour les industriels

Une approche des fluides révolutionnaire pour les industriels

Chloé Masselon, jeune ingénieure de recherche a proposé une nouvelle approche des écoulements des fluides. Ses recherches pourraient intéresser différents secteurs industriels, notamment pour l’extraction de pétrole et la cosmétique.

Elle vient d’ailleurs d’être primée dans le cadre d’Aquidoc (1), avec à la clef une véritable visibilité pour cette doctorante qui a été récemment recrutée par le centre Rhodia de Pessac où elle avait effectué son doctorat.
Issue de l’Ecole de chimie de Bordeaux, elle a intégré le LOF (2) pour son stage de fin d’étude : « ce qui m’intéresse, ce sont les techniques applicables au monde de l’industrie c’est pourquoi j’ai basé ma thèse sur beaucoup d’expérimentations pour modéliser et comprendre par exemple les phénomènes d’écoulement de fluide dans des milieux peu poreux. » Des milieux poreux comme ceux où se trouvent le pétrole : coincé dans la roche, il est souvent difficile d’extraire la grande quantité qui n’a pas jailli une fois le puits creusé.

« En examinant ce qui se passe dans un canal à l’échelle microscopique on peut comprendre comment se comporte un liquide qui a une certaine viscosité. Par exemple, on doit taper sur le pot de ketchup pour qu’il s’écoule, ou l’on doit appuyer sur le shampoing pour qu’il sorte. Bref, en sollicitant ces liquides complexes, ils s’écoulent comme un liquide simple. »

Travaillant sur des canaux très variés et sur l’influence de la surface sur l’écoulement, elle explique l’intérêt des ses recherches : « ma thèse a montré l’influence déterminante de la géométrie du canal ainsi que de la nature des surfaces : la vitesse résultante peut être grandement modifiée en variant ces paramètres »

Mais, Chloé Masselon est allée encore plus loin. En collaboration avec le Trefle (3), elle a mis au point un outil de mesure de la vitesse des fluides, grâce à la thermographie. Plus un liquide se déplace vite dans un réseau de canaux, moins il a le temps de se mettre à la température du milieu traversé : on peut donc déduire sa vitesse d’écoulement à partir de l’observation de la déformation du champ de température. Cela permet de calculer non seulement la vitesse des liquides transparents mais surtout non-transparents car on ne procède plus par vérification optique mais thermographique. L’intérêt est alors important pour l’extraction pétrolière car on peut déduire la vitesse de ce liquide opaque. Ces recherches peuvent aussi être appliquées à l’industrie cosmétique : « On peut ainsi imaginer un travail sur la sensation à l’étalement d’une crème cosmétique sur la peau par exemple, qui n’est en fait qu’un écoulement en couche très mince sur une surface rugueuse à rugosité complexe qu’est la peau ».

(03 juillet 2009) - Photo Pierre Baudier

(1) http://forum.aquidoc.fr/
(2) http://www.lof.cnrs.fr/
(3) http://www.trefle.u-bordeaux1.fr/
 

photo credit: Vermin Inc via photopin cc

Alexandre Marsat

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