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Tchernobyl : des Bordelaises cherchent à identifier des bactéries contre la radioactivité

« Après la catastrophe de Tchernobyl, une partie des déchets végétaux contaminés par des particules radioactives ont été enfouis non loin de la centrale dans plusieurs tranchées puis recouverts de sable pour éviter toute dissémination. Mais, vingt-deux ans après, on peut observer des migrations de radionucléides dans le sol et le sous-sol dont les responsables pourraient être, entre autres facteurs, des bactéries », explique le docteur Claire Sergeant, responsable de l’équipe Environnement et Chimie Nucléaire au CNAB (1).

L’une des tranchées, la T22, est devenue en 1999 site d’étude de l’IRSN (2), en collaboration avec deux instituts ukrainiens. Alerté sur les mouvements de radionucléides, L’IRSN et le CNRS ont décidé la création du Groupement National de Recherches TRASSE (3), pour intensifier les recherches sur ces problèmes de transfert de radioéléments vers le sous-sol.

Connues pour leurs recherches microbiologiques en milieu extrême, les Aquitaines Claire Sergeant (du CNAB) et Claire le Hénaff (de l’ISVV (4)), sélectionnées pour participer à cette mission dans l’équipe de microbiologie, sont alors parties pendant une semaine au mois d’octobre dans la zone d’exclusion de Tchernobyl. « On ne peut pas sortir le sol de cette zone pour des questions de sécurité. On a alors effectué une quinzaine de carottages dans la tranchée puis on a isolé des bactéries sur milieux de culture et extrait leur ADN dans le laboratoire de la zone pour faire un inventaire des bactéries présentes dans le sol contaminé», explique Claire le Hénaff. « On peut espérer mettre en évidence des souches résistantes à la radioactivité, étudier ce mécanisme et les utiliser pour décontaminer des zones polluées », disent-elles. Jusqu’au début de l’année prochaine, les échantillons ramenés d’Ukraine seront étudiés au CNAB avant que l’équipe ne reparte à Tchernobyl en avril 2009 pour refaire des prélèvements et prendre en compte les variations saisonnières des phénomènes.

(1) Laboratoire de Chimie Nucléaire Analytique et Bio-environnementale, situé au Centre d’Études Nucléaires de Bordeaux-Gradignan (CENBG), sous la tutelle du CNRS - Département Chimie et des Universités Bordeaux 1 et 2.
(2) Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire.
(3) Groupement National de Recherches Trasse : Transfert des radionucléides dans le sol, le sous-sol et vers les écosystèmes
(4) Institut des Sciences de la Vigne et du Vin.

photo credit: Eric Constantineau - www.ericconstantineau.com via photopin cc

Alexandre Marsat

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