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Le CNAB pourra dater les eaux souterraines et les calottes glacières

Le CNAB pourra dater les eaux souterraines et les calottes glacières

« Depuis 2005, on développe une technique qui nous permettrait d’effectuer une datation des eaux souterraines profondes et des calottes polaires très anciennes », explique Bernard Lavielle, directeur de recherches au Cnab (1) de Gradignan (33). Une technique complexe à maîtriser : « aujourd’hui il faut des quantités d’eau ou de glace trop importantes pour effectuer de telles datations pouvant remonter à 900 000 ans. Pour exemple, on a besoin de 1500 litres d’eau dans des couches profondes alors même qu’on a des débits très faibles; c’est souvent impossible mais surtout très coûteux. »
Si une équipe du Cnab s’est lancée dans ce projet, ce n’est pas un hasard : depuis 25 ans, le laboratoire fait de la spectrométrie de masse et s’est aussi spécialisé dans la cosmochimie et notamment l’étude de l’histoire des météorites, de leur voyage dans l’espace et du rayonnement cosmique.

« Quand on s’intéresse aux météorites, on s’intéresse à leurs isotopes dont le Krypton 81. Ce dernier également présent dans l’air en très faible quantité est produit dans l’atmosphère par le rayonnement cosmique et se dissout dans l’eau à son contact. Lorsque l’eau s’infiltre, elle n’est plus en contact avec l’air. Cet isotope radioactif n’est plus produit dans l’eau, alors il décroît. On peut donc savoir depuis combien de temps l’eau s’est infiltrée, selon la quantité de Krypton 81 présente, ou encore en combien d’années l’eau a parcouru une certaine distance. »

Une fois que l’on saura déceler et mesurer ce gaz rare dans des quantités d’eau ou de glace de volume raisonnable (20 litres), les applications sont alors importantes. « Cela permet de mesurer l’écoulement des eaux souterraines dans l’environnement des zones potentielles de stockage de déchets. C’est important pour déterminer le temps que pourrait mettre un élément radioactif pour remonter à la surface et ainsi bien évaluer les risques en cas de fuite. » Mais cette application n’est pas la seule : « l’étude des carottes de glaces très anciennes peut nous permettre d’établir des modèles climatiques avec précision. Et, nous pourrons aussi étudier d’autres gaz rares. »

Bernard Lavielle et son équipe sont près du but : « Nous devrions pouvoir mettre en service notre technique dans les mois à venir ». Et de compléter : « notre but est qu’elle puisse servir à l’ensemble des scientifiques mais aussi des industriels comme les pétroliers. Nous souhaitons donc créer une plate-forme interdisciplinaire pour l’analyse des gaz rares (Piagara)».

(1) Cnab : laboratoire de Chimie Nucléaire Analytique et Bio-environnementale situé au Centre d’Études Nucléaires de Bordeaux-Gradignan.
 

photo credit: longhorndave via photopin cc

Alexandre Marsat

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