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Les civelles ont besoin d'énergie pour leur migration

Les civelles ont besoin d'énergie pour leur migration

Les chercheurs de l’Inra et du Cemagref ont réussi à lever le voile sur l’un des nombreux secrets de l’anguille. Il avait été constaté qu’au stade civelle, les anguilles ne migrent pas toutes vers l’amont des cours d’eau, certains individus se sédentarisant dès l’entrée de l’estuaire.

Pour comprendre cette divergence migratoire, Sarah Bureau Ducolombier (1), a décidé de comparer physiologiquement  les civelles pour trouver un lien avec leur comportement. Pour y parvenir, elle a  ramené au laboratoire de la station Inra de Saint-Pée-Sur-Nivelle des civelles capturées en différents endroits de l'estuaire de l’Adour. Elle a observé leur comportement lors de simulations de l'alternance jour/nuit ou de la marée, et a pu comparer les individus qui réagissaient au stimulus migratoire (crépuscule ou inversion du courant) à ceux qui restaient immobiles. Les individus les plus mobiles étant les plus gros, la chercheuse en a conclu que les civelles avaient besoin d’énergie pour migrer. Le contenu énergétique pourrait n'être limitant que sous certaines conditions. D'autres travaux ayant montré que les individus les plus mobiles reprennent leur alimentation plus rapidement que les autres, la reprise alimentaire pourrait participer au niveau énergétique. Cette hypothèse nécessite d'autres tests car jusqu’à aujourd’hui on pense que la civelle cesse son alimentation pour la migration, et qu'elle ne peut compter que sur sa réserve énergétique de base pour remonter l'estuaire.

« Il est important de connaître le mode de vie de l’anguille car en vingt ans, la population a été divisée par dix » explique Agnès Bardonnet de l’Inra. La pollution, le réchauffement climatique, la surpêche, l’aménagement des rivières et des zones humides ou encore le mauvais état sanitaire comptent parmi les multiples causes de cette diminution pour un poisson qui a pourtant la faculté de s’adapter à des milieux très différents.

(1) Sarah Bureau Ducolombier a réalisé sa thèse sur ce sujet, co-dirigée par Agnès Bardonnet et Valérie Bolliet (Inra/UPPA) et par Patrick Lambert (Cemagref).

Alexandre Marsat

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