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Une herbe marine, bio-marqueur du bassin d'Arcachon

Une herbe marine, bio-marqueur du bassin d'Arcachon

La marée est descendante en cette matinée de décembre, au lieu-dit Taussat entre Andernos et Lanton. Micheline Grignon-Dubois en profite pour ramasser des zostères, ces petites herbes marines présentes sur le Bassin. Régulièrement cette directrice de recherche du CNRS, responsable du laboratoire Phyvalbio (1) collecte l’herbe pour étudier son évolution et prévenir son déclin. Grande défenseure de la zostère, c’est avec amertume qu’elle « arrache » le rhizome de cette plante. « C’est un excellent indicateur de la qualité de l’eau et de l’état général de la lagune. S’il se dégrade, elle se développe moins avec des conséquences pour l’ensemble de l’écosystème. »

Et justement cette plante est en régression sur le Bassin. Comme partout où il y a de l’activité touristique, agricole, industrielle ou des plaisanciers, il y a de la pollution. Les eaux se chargent alors en dérivés azotés favorisant la prolifération d’algues vertes, qui asphyxient les herbiers et dégagent beaucoup d’azote lors de leur décomposition. Cette pollution est aussi dangereuse pour l’activité ostréicole, insiste Micheline Grignon-Dubois.

En fin de vie, les zostères s’échouent sur les plages. L’équipe Phyvalbio s’attache à démontrer que cette biomasse, abondante et renouvelable, constitue une grande valeur économique. Les feuilles de zostère renferment des substances aux multiples vertus. C’est le cas de l’acide rosmanique, dont les teneurs dans la zostère dépassent celles du romarin lui-même. Ce polyphénol est largement utilisé dans le domaine du médicament ou des compléments alimentaires. Or, les collectivités locales ramassent la zostère pour avoir des plages propres : « on peut extraire les produits à haute valeur ajoutée à partir de cette herbe échouée et utiliser le résidu végétal pour d’autres applications. Et atteindre ainsi le déchet zéro ». Un matériau isolant à base de Zostères a déjà reçu l’agrément technique européen.

Un critère qui pourrait intéresser les collectivités locales ; sur le Bassin plusieurs milliers de tonnes de zostères échouées sont ramassées chaque année. Des avantages économiques et écologiques que Micheline Grignon-Dubois souhaite promouvoir au sein d’un programme européen où son laboratoire, associé à d’autres partenaires, pourrait être sélectionné.

(1) www.phyvalbio.u-bordeaux1.fr

Alexandre Marsat

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