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Les huîtres, sentinelles de la mer

Les sentinelles de la mer

En front de mer, face à la jetée Thiers d’Arcachon, les membres de l’équipe Gema Arcachon (1), ne peuvent pas être mieux placés. A quelques dizaines de mètres de leur bureau de la Station marine, sous la jetée, ils ont placé des huîtres munies d’électrodes reliées à un boîtier. Ces électrodes permettent de mesurer l’ouverture de ces mollusque bivalves. Le principe en apparence assez simple renseigne les scientifiques sur la qualité de l’eau. L'arrivée d'un changement de qualité de l'eau perçu par l'animal comme une agression externe, et le mollusque se ferme à des heures anormales; un affaiblissement de son organisme et la fréquence d’ouverture-fermeture, ou sa croissance journalière, ne sont plus les mêmes.

« C’est comme le sommeil chez les humains, les huîtres ont des heures où elles sont fermées et d’autres où elles sont ouvertes ; s’il y a perturbation de ce rythme biologique c’est qu’il se passe quelque chose d’anormal. A nous d’apprendre à lire leur comportement pour les utiliser comme sentinelle », explique Jean-Charles Massabuau, responsable du Gema Arcachon qui a aussi muni des bénitiers de cette technologie en Nouvelle-Calédonie pour étudier les éventuels impacts de l’usine d’extraction de minerai Goro Nickel dans le lagon sud.

L’équipe de Jean-Charles Massabuau collecte tout au long de la journée pas moins de 1,7 millions de données sur chaque site qui sont transmises automatiquement à minuit à un ordinateur dont les équations mathématiques complexes ont été créées par le mathématicien-statisticien du groupe, Gilles Durieu. Cela permet d’analyser et de comparer automatiquement les mouvements des valves et de voir s’il y a des anormalités dans leur comportement. Ainsi, les chercheurs n’ont pas besoin de se déplacer sur les sites étudiés. Pour en faire profiter toute la communauté scientifique mais aussi les riverains des zones étudiées, l’équipe met en ligne tous les jours les données collectées, sous forme de graphiques. (2) Toute l'électronique a été développée par Pierre Ciret, ingénieur électronicien au CNRS, et par une PME locale, EUKREA Electromatique.

Ainsi, il est envisagé de placer ces véritables bio-capteurs dans les passes du bassin d’Arcachon pour prévenir en temps réel de l’arrivée d’algues toxiques. Et, un major pétrolier, qui souhaite prévenir la pollution aux hydrocarbures, a d’ores et déjà pris contact avec le Gema Arcachon.

(1) Le Gema (Géochimie et Ecotoxicologie des Métaux dans les systèmes Aquatiques) est une des cinq équipes du laboratoire EPOC (CNRS et Université Bordeaux I).
(2) Voir le lien

Photo 1 : De gauche à droite les membres de l'équipe impliqués dans le projet : Mohamedou Sow, étudiant en thèse, mathématicien; Pierre Ciret, ingénieur électronicien, CNRS; Damien Tran, chargé de recherche au CNRS, écotoxicologiste, écophysiologiste ; Gilles Durrieu, maitre de conférence à l'Université Bordeaux 1, mathématicien.
Photo 2 : Les électrodes sont placées sur la coquille du mollusque

Alexandre Marsat

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