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Plantes et champignons : entre coopération et affrontement

De la symbiose au parasitisme, les relations entre les plantes et les champignons sont anciennes et étroites. Mais les changements globaux et les conditions de l'agriculture intensive viennent mettre à mal ces rapports, avec des conséquences importantes.

L'INRA a produit une autre film en réalité virtuelle à but pédagogique et grand public : l'un sur son verger à San Juliano en Corse et l'autre, à venir, sur son vignoble à Villenave d'Ornon, en Gironde

Sans champignons, peut-être pas de plantes et sans plantes, pas d'animaux : on a du mal à mesurer ce que l'on doit à ces organismes finalement assez peu connus. Environ 100 000 espèces ont été décrites mais on estime qu'il en existe environ 600 000. Soit deux fois plus que des plantes.
Marie-Laure Desprez-Loustau, directrice de recherche à l'UMR Biogeco intervenant lors de la journée bordelaise pour l'événement international Fascination of Plants Day, à Cap sciences souligne que lorsqu'on analyse en détail un milieu que l'on pense déjà connaître, on trouve de nouvelles espèces.
Si les plus gros, ceux qui sont visibles à l’œil nu, sont généralement bien documentés, une myriade de champignons microscopiques restent encore à découvrir.

 

Mais ce qui est certain, c'est qu'ils ont permis aux plantes de conquérir peu à peu chaque parcelle de la terre. 80% d'entre elles sont mycorhisées, c'est à dire qu'elles vivent en symbiose avec un champignon. C'est ce qu'explique un cours film édité par l'INRA, qui permet de plonger sous terre et voir avec des lunettes de réalité virtuelle ce qu'il s'y passe.

 

Souvent, un champignon colonise les racines d'une plante qui lui fournit les sucres qu'il ne peut pas fabriquer seul. En échange, il améliore l'ordinaire de la plante en dégradant les sols lorsque ceux-ci sont difficiles ou en allant chercher plus profondément des éléments nutritifs lorsque les sols sont riches.

 

Une belle entente qui permet aux champignons de vivre et aux plantes de mieux pousser mais qui est remise en cause par l'utilisation de fongicides dans l'agriculture intensive.
Des fongicides destinés à lutter contre d'autres champignons, ceux qui vivent sur les plantes mais en parasite et non en symbiose. C'est l'un de ces champignons qui fut la cause de la grande famine irlandaise de 1845, causant la mort d'un million de personnes et l'émigration de 2 millions d'autres.
Ce fut aussi la graphiose de l'orme qui a causé la mort de la plupart de ces arbres en Europe. Deux exemples donnés par Marie-Laure Desprez-Loustau pour illustrer les modifications du rapport plantes-champignons causés par les changements globaux et en particulier la mondialisation des transports : la distribution des champignons parasites est toujours assez lente et reste limitée... jusqu'à ce que l'homme les transporte et, en favorisant la monoculture des plantes, leur laisse des boulevards où s'engouffrer.

 

En Chine, une expérimentation sur une rizière où l'on avait mélangé plusieurs espèces de riz a montré qu'en trois ans, on pouvait se passer de traitements : les parasites d'une espèce sont toujours neutralisés par les autres. Ce qui se passe finalement dans le milieu naturel.