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Ondes électromagnétiques : le débat sur la dangerosité peut-il être tranché ?

Les risques pour la santé des ondes électromagnétiques...vaste sujet qui ne cesse de faire débat. Ce mardi 12 juin 2018, deux chercheuses bordelaises et un entrepreneur répondaient aux interrogations des citoyens sur ces éventuels risques lors de la conférence « Des ondes et des hommes » organisée par Cap Sciences, à la station Ausone à Bordeaux. Le point alors que quatre constructeurs de smartphones viennent de se faire épingler pour non respect des normes du DAS (débit d’absorption spécifique).

Présent le 12 juin 2018 à la Station Ausone, l’artiste canadien Martin Messier a réalisé une performance audiovisuelle basée sur l’enregistrement d’ondes électromagnétiques. Une ouvre poétique et onirique qui rend visible l’invisible. ©MartinMessier

Téléphone portable, box wifi, antennes-relais, fours à micro-ondes, compteurs Linky…Alors que nous baignons dans les ondes électromagnétiques, la question de leur dangerosité en taraude plus d’un.

« Les mécanismes d’interaction des ondes avec le vivant dépendent de la fréquence utilisée », précise d’emblée Isabelle Lagroye, directrice d’étude à l’Ecole pratique des hautes études à Bordeaux, pharmacienne responsable de l’équipe bioélectromagnétisme. « Chez l’animal, toutes les études actuelles suggèrent qu’il se passe peu de choses avec une exposition « environnementale », rassure la chercheuse. En revanche, à un niveau d’exposition très fort, on observe chez les rats mâles des insuffisances rénales et tumeurs au cœur, cancer rare chez l’homme. »

« Plusieurs études ont été menées et d’autres sont en cours pour savoir si la téléphonie mobile augmente le risque de tumeurs au cerveau, de migraines, de troubles de la fertilité, du sommeil ou du développement de l’enfant, indique Ghislaine Bouvier, pharmacienne, épidémiologiste et membre de l’équipe EPICENE (épidémiologie des cancers et expositions environnementales) à l’Institut de santé publique, d’épidémiologie et de développement (ISPED). Malheureusement, les données obtenues in vitro et in vivo, chez des rongeurs et l’homme, ne concordent pas. Toutefois, nous avons constaté une augmentation du risque de certaines tumeurs au cerveau, le gliome par exemple, mais chez les très forts utilisateurs. »

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) indique quant à elle que les conclusions de l’évaluation des risques publiées en 2013 ne mettaient pas en évidence d’effets sanitaires avérés.

Peut-on continuer à passer des coups de fil interminables ou dormir à proximité de sa box sur ses deux oreilles ? « Dans le doute, mieux vaut suivre les recommandations de l’ANSES d’appliquer le principe de précaution, rappelle Ghislaine Bouvier : s’équiper d’un portable affichant un DAS (débit d’absorption spécifique) des plus faibles, recourir à un kit mains-libres, éteindre sa box la nuit, limiter l’usage chez l’enfant… ».

Electrosmart, une application pour Smartphone permet désormais à chacun de connaître son exposition aux ondes qui l’entourent. Conçue par l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) « elle permet de détecter et mesurer les ondes électromagnétiques émises notamment par les smartphones et les points d’accès au Wi-fi », explique David Migliacci, coporteur du projet. L’application donne ensuite une note appelée e-score ou score d’exposition, d’autant plus grand que l’exposition est importante.

Cependant, l’appli ne prend pas en compte l’ensemble des sources d’ondes électromagnétiques, notamment les fours à micro-ondes, les lignes à haute tension… En revanche, l’Agence nationale des fréquences (ANFR) réalise, à la demande, des mesures de l’exposition aux ondes dans les locaux d’habitation ou les lieux accessibles au public. Pour l’heure, la prudence est de mise… du moins chez les plus inquiets.

Florence Heimburger

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