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Non, la Station spatiale chinoise ne va pas s’écraser sur Terre mais va se disloquer

Attention, info qui fait peur… C’est la terreur de cette fin d’année, presque la fin du monde en attendant les fêtes de Noël.

Non, la Station spatiale chinoise ne va pas s’écraser sur Terre mais va se disloquer

[Science - on arrête les conneries]

 

Une station spatiale va s’écraser sur Terre. Et pas n’importe quelle station : ce n’est pas l’ISS, lieu de prise de vue du très viral Thomas Pesquet mais la station spatiale Chinoise. Ou le retour du péril jaune sur terre.

L’info est tombée (sans jeu de mot) en cette mi-octobre et commence à parcourir les médias et tout le web. On voit déjà la station spatiale venir s’exploser au sol, creusant un cratère de plusieurs kilomètres brûlant tout aux alentours.

Laissons ce scénario catastrophe aux blockbusters qui ne manqueront pas de sortir pour les vacances de Noël. Même si Sciences et Avenir a troqué son titre initial « La station spatiale chinoise va bientôt retomber sur Terre ... » pour « Hors de contrôle, la station spatiale chinoise va s'écraser sur Terre ». Tout de même plus flippant et plus viral sur les réseaux sociaux.

Vous n’avez pas repéré la majuscule à Terre ? C’est dommage car c’est assez juste : la station ne devrait pas tomber sur de la terre mais dans l’Océan… D’ailleurs quitte à être précis, mentionnons que c’est une micro station qui est concernée : un module pesant 8 tonnes. A titre de comparaison, l’ISS fait 450 tonnes. Voilà, voilà.

 

Le Palais céleste chinois « chute » inexorablement

Rembobinons l’info : en 2011, la Chine en pleine volonté de conquête spatiale a placé en orbite avec succès sa propre station nommée Tiangong-1 pour « palais céleste ». Ce test devait permettre, après plusieurs essais à l’intérieur de la station, de mettre au point la première station spatiale chinoise habitée. En 2016, les Chinois ont cessé de l’utiliser. Et « l’Empire du Milieu » a perdu le contrôle du « palais » naviguant en orbite de la Terre. Sans propulseur la station spatiale perd de l’altitude et devrait donc rentrer sur Terre dans les prochaines semaines.

Une rentrée qui se fera avec perte et fracas comme l’explique au Point Christophe Bonnal, expert du Cnes et président de la commission débris spatiaux de l'Académie internationale d'astronautique : « Les objets destinés à une rentrée atmosphérique se fragmentent sous la pression et fondent avec le flux thermique, explique l'expert du Cnes. Il n'y a, au pire, que 10 ou 20 % de la masse initiale des objets qui survit et impacte la surface du globe. Dans le cas de la station chinoise, seuls quelques objets d'une centaine de kilos atterriront sans doute, comme cela est déjà souvent arrivé ».

Les plus gros morceaux qui auront passé cette rentrée atmosphérique feront 100 kilos et le risque qu’ils tombent dans une zone habitée est très faible : 70% de la Terre est recouverte par l’Océan et seulement 2,5% des terres émergées sont habitées.

Ce fut le cas de la Station russe MIR tombée, affichant 110 tonnes, elle aussi sur Terre ou plutôt dans l’Océan en 2001. A l’inverse des chinois qui ne peuvent plus orienter leur station, les Russes avait contrôlé le lieu de rentrée de MIR pour qu’elle tombe dans l’eau.

 

L’océan Pacifique, cimetière spatial

Eh oui, il est très fréquent que des débris fassent leur retour sur Terre de la sorte comme l’explique France 2 : « C'est le lot d'une grande quantité d'objets de ce genre. Il arrive que quelques-uns rentrent dans le champ d'attraction de la Terre, les agences spatiales guident alors la chute vers une zone inhabitée, souvent l'océan Pacifique et le large des îles Fidji. C'est là que la station russe Mir a été dirigée en 2001. »

Ce lieu d’atterrissage est surnommé le « spacecraft cemetery » par la NASA. Et les ingénieurs des agences spatiales l’ont joliment baptisé le SPOUA (pour South pacific ocean uninhabited area). Aux côtés des débris de la Station MIR pas moins de 260 appareils ont trouvé là leur dernière demeure.

 

Si on parle de 7ème continent pour les plastiques qui stagnent sur l’Océan, on pourrait parler d’un 8ème continent métallique immergé. Ce continent invisible devrait tout autant nous interroger sur nos déchets spatiaux.

Alexandre Marsat

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