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Les robots, nouveaux compagnons de notre quotidien

Ils ont su se montrer incontournables en développant leurs fonctionnalités. Les robots se transforment en véritables collaborateurs des humains. Devenus des robots coopératifs, ils entrent dans toutes les facettes de notre vie. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter.

Les films de science-fiction ont pris un sacré coup de vieux.  La réalité les a rattrapés et même dépassés. Notre voiture peut conduire seule, des robots-animaux portent des charges, d’autres réalisent les plantations avec précision…  Et pendant leurs loisirs, ils jouent même au foot !
Humanoïdes, drones ou robots chirurgicaux, les robots sont en mesure d’acquérir une autonomie dans leur décision,  peuvent communiquer entre eux et comprendre nos émotions.
Ces dernières briques technologiques font des robots les partenaires idéaux de notre quotidien.

Ils se sont d’ailleurs déjà invités dans notre société de consommation pour jouer leur rôle. Darty a testé le robot Nao, créé par la société française Aldebaran robotics. Du haut de ses 58 centimètres, le robot humanoïde s’adresse aux clients. Doté de reconnaissance de l’expression faciale, il adapte son discours face à son interlocuteur.
Cette interaction avec l’homme a été un tournant pour la robotique qui parle aujourd’hui de « cobot » pour robots collaboratifs ou plutôt coopératifs.
Avec autant d’avancées techniques, les robots sont en train d’accéder à tous les niveaux de la société. Finie l’image qui collait à la « peau » des robots : ces bras articulés peignant des voitures, réalisant seulement les tâches ingrates et répétitives…
Du coup le marché de la robotique entre dans une ère de plein essor. Si en 2010, l’achat de robots représentait 15 milliards, les économistes tablent sur quatre fois plus en 2025. Une hausse qui s’accompagnera d’une baisse des prix alors que les innovations vont bon train. D’ores et déjà, la robotique de pointe développe les systèmes d’intelligence artificielle.

 

Les drones, nouvelles approches robotiques

 

Les robots peuvent résoudre des problèmes et s’organiser eux-mêmes. Avec ce dernier point, on pourrait croire que l’on retombe dans la science- fiction. C’est pourtant déjà le cas.
Prenons l’exemple des systèmes de drones créés au Labri, Laboratoire bordelais de recherche informatique. Ici, les chercheurs de l’Université de Bordeaux travaillent sur l’organisation des drones entre eux. Une automatisation qui permet d’envoyer une flotte de drones où chacun de ces robots volants porte une fonctionnalité particulière et collabore avec les autres. « Une découverte de services » sur laquelle planche le doctorant Vincent Autefage, par ailleurs lauréat du prix du public de la finale régionale aquitaine du concours "Ma thèse en 180 secondes". Le Labri a testé, dans le cadre du démonstrateur Carus, un « vol en essaim » de cinq drones pour mettre en place une automatisation où les drones peuvent continuer leur mission même si l’un des cinq disparaît. Cette communication « drone-à-drone » permet aussi de multiplier les possibilités en les répartissant sur les engins.

 

Des robots dans les rangs de vignes

 

Et dans une région où l’agriculture, notamment la viticulture, occupe une place importante,la robotique a tracé son sillon. Ici, le drone ne surveille pas un théâtre de guerre ou une zone victime d’incendie. C’est la vigne que le drone cartographie.
Dans le cadre du projet Vitidrone porté par la société Vitivista avec les clusters Innovin, Aetos et les ingénieurs de Bordeaux Sciences Agro et de Fly-n-sense, le drone permet le passage à l’agriculture de précision en cartographiant la vigueur de la vigne. Un drone qui devrait être commercialisé dans les prochains mois.
Au sol, c’est le Vitirover qui entre en scène. Un robot-tondeuse long de 74 centimètres et large de 39 cm qui se faufile entre les rangs pour travailler en totale autonomie grâce à son panneau solaire et son GPS. Un gadget pour le commun des mortels ? Une aide précieuse pour les agriculteurs qui dans le meilleur des cas labourent, non sans risque pour les pieds.

Toujours au sol, Olivier Ly du Labri a mis au point, à la demande de pépiniéristes, un robot capable de planter des piquets avec une précision de deux centimètres. Primé l’an dernier à Vinitech, le robot, développé dans le cadre du projet Rhoban, va être transféré aux pépinières Duvigneau pour être commercialisé.
Des coopérations robotiques rendues possibles grâce au développement du GPS centimétrique et de la vidéo embarquée qui séduisent nombre d’utilisateurs.

 

En 2050, des robots joueront au foot avec nous

 

Plus étonnant : au sein de ce même projet Rhoban, les chercheurs ont mis au point deshumanoïdes de 50 centimètres capables de jouer au football. L’objectif ? Affronter et battre en 2050 une équipe humaine. Avec une caméra au niveau de la tête et un ordinateur de bord, les robots peuvent « écouter » l’arbitre via wi-fi, visualisent et attrapent le ballon. L’équipe bordelaise est d’ailleurs arrivée en quart de finale de la Robocup au Brésil, l’an dernier.
Loin d’être une blague de chercheurs, ce projet synthétise toute l’évolution des robots humanoïdes : apprendre la locomotion, se repérer, s’organiser et mettre en place une stratégie : bref interpréter son environnement et communiquer. Bientôt notre égal ?

 

Avec Poppy, la science devient reproductible

 

Tout près du Labri, à l’Inria Bordeaux, l’équipe Flowers dirigée par Pierre-Yves Oudeyer, a développé le petit humanoïde Poppy. En s’appuyant sur la technologie de l’imprimante 3D, les chercheurs révolutionnent l’approche robotique.
A l’occasion de l’évènement « Poppy, naissance d’un robot » organisé à Cap Sciences et dans les centres de sciences Inmediats, Pierre-Yves Oudeyer explique: « avec l’impression 3D, on change d’échelle de temps pour la partie conception-expérimentation. Cela ouvre des perspectives scientifiques et techniques totalement nouvelles. Là où il fallait plusieurs mois pour modifier un élément, maintenant il faut seulement quelques heures. »

Et, ce robot est open-source : « tous les plans de la mécanique et les lignes de codes du logiciel sont disponibles librement sur internet, pour refaire une expérience, construire une structure robotique et rediffuser les améliorations. »
Le projet repose donc sur le concept de science ouverte pour que d’autres laboratoires utilisent ces plateformes mais aussi des associations, des lycées, des universités... pour s’emparer des fonctionnalités d’un tel robot et les améliorer.
Les innovations n’en sont donc qu’au début. En attendant, nous ouvrons toutes les portes de notre quotidien aux robots.

Alexandre Marsat

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