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"Les petites découvertes font les théories dites géniales"

Nathalie Brouillet est astronome au Laboratoire d’Astrophysique de Bordeaux (LAB). Sa thématique de recherche est le milieu interstellaire : ces immenses nuages de gaz dans lesquels se forment les étoiles. Elle essaie donc de comprendre notamment comment se forment les étoiles. Elle a accepté de répondre à nos questions et de nous parler de son parcours, son métier et sa vision de la recherche en astronomie.

Nathalie Brouillet, astronome au Laboratoire d’Astrophysique de Bordeaux (LAB).

En quoi consiste votre métier ?

Je suis chargée de mener des projets de recherche en astronomie. Je consacre aussi une partie de mon temps à enseigner et à participer à des travaux sur des grands instruments. Je dois également prendre en charge plusieurs tâches administratives.

 

Quel a été votre parcours scolaire et quelle a été votre motivation ?

Je suis passionnée. Ce qui me motive, c'est de découvrir et de comprendre l'univers et le monde qui nous entoure. Concernant mon parcours, j'ai fait deux ans de classes préparatoires après le bac puis une école d'ingénieur en physique généraliste à Marseille et un master. Ensuite, j’ai réalisé une thèse que j'ai menée ici-même à l'Observatoire de Floirac et qui portait sur les milieux interstellaires.

 

Sur quoi portent vos recherches actuelles ?

Je travaille sur les nuages de gaz dans l'espace. J'étudie la composition de ces gaz, les atomes et les molécules présents, leur température, leur abondance... tout mon travail est basé sur la spectroscopie.

 

Comment se fait-il que vous travaillez, ici, à Floirac ?

Lorsque j’étais lycéenne -je suis originaire de Charente-  j’avais parlé à un de mes professeurs de mon désir de devenir astronome. Ce professeur connaissait un des chercheurs travaillant à l’Observatoire de Floirac et m’a mise en relation avec lui. Alors que j’étais en Terminale, j’ai pu venir lui poser des questions ici. C’est comme cela que tout a commencé. Ensuite, j’ai décidé de faire ma thèse dans ce laboratoire. Après ma thèse, à Bac + 8, je suis partie deux ans à l’étranger, en Allemagne. Pour être astronome, il faut être fonctionnaire et passer un concours. J’ai donc passé ce concours pour devenir astronome, j’ai réussi et obtenu un poste ici à l’Observatoire.   

 

Avec quel matériel travaillez-vous ?

Mon ordinateur. C'est le seul instrument que j'utilise et aussi le papier et le crayon.

 

Qu'est-ce qui est, pour vous, le plus intéressant dans votre métier ?

La diversité des tâches : faire de la recherche et de l'enseignement, satisfaire sa curiosité intellectuelle. 

 

Nathalie Brouillet, astronome au Laboratoire d’Astrophysique de Bordeaux (LAB), spécialiste du milieu interstellaire.

 

Quelle a été l’évolution marquante de la recherche en astronomie ces 20 dernières années ?

A partir de 1995 et la découverte de la première planète en dehors du système solaire, on a vu se développer énormément cette recherche sur les exoplanètes. On trouve désormais beaucoup de travaux dans ce domaine.

 

Quelles sont, pour vous, les plus grandes découvertes faites à l'Observatoire de Floirac ?

Je n'aime pas le terme « découverte ». Pour moi, tous les travaux scientifiques sont intéressants. C'est grâce aux petites découvertes qu'il y a de grandes théories dites « géniales ». C'est majoritairement grâce à une évolution technique. Les découvertes vont de pair avec les progrès dans l'instrumentation.                                                                                                                             

            

Des chercheurs de l'Observatoire de Floirac viennent de faire une découverte qui a été médiatisée début 2016. En quoi consiste-t-elle ?

Lorsqu’une étoile se forme, un disque protoplanétaire se créé, c'est-à-dire du gaz où se trouvent des poussières. Grâce à une observation menée avec l'interféromètre ALMA au Chili, des chercheurs de Floirac ont pu déterminer la température du gaz autour d'une étoile jeune à -260°C. Ce qui est nouveau est que l'on ne s'attendait pas à trouver des poussières aussi froides et d'avoir pu le découvrir par détection directe.

 

Marc HUMBERTCLAUDE, Nelly BORDELAIS, Emma LUN, Enora MOULINEY, Damien JEAN.