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Les objets de la pelote basque

La pelote basque est unique mais elle recouvre nombre de disciplines. Pour bien distinguer chacune d’entre elles, il faut regarder de près quelques uns des « objets » mythiques de la pelote

Ses frontons, ses murs à gauche, ses trinquets, les pelotaris élancés… Quand on évoque le Pays basque, l’image qui nous vient est presque celle d’une carte postale. Mais la pelote basque n’est pas vraiment une image d’Epinal ou un souvenir à ramener de voyage. C’est un sport très vivace.

Pour s’en convaincre rapidement, il faut se pencher sur toutes ses spécialités, ses milliers de joueurs licenciés, sans compter les copains qui jouent régulièrement entre eux.

Expliquer les nombreuses subtilités de la pelote basque nécessiterait bien plus que ces quelques paragraphes. Car toutes ces disciplines, « variantes » diront les profanes, ont multiplié les règles. Les objets de la pelote basque s’y sont adaptés quand ils n’ont pas donné eux-mêmes naissances à de nouveaux jeux dont la pratique porte leur nom.

 

La main

Au commencement, il y a la main… Avec la pelote elle-même, c’est « l’instrument » le plus incontournable. Et, elle, elle n’a pas variée au fil des siècles de pratique.

Alors le jeu de paume est bien l’ancêtre de la pelote basque même si on verra qu’elle a considérablement évolué. A l’origine, elle se joue à main nue mais frapper la balle ainsi reste difficile, alors les Basques vont inventer équipements et objets qui transforment le jeu en « pelote basque ».

Cependant les « manistes » pratiquent toujours la pelote à main nue. L’état de leurs mains peut le prouver aux plus incrédules… La pelote à main nue se joue en individuel, un mano a mano de costauds.

 

 

La pelote

Forcément, la pelote est avec la main (même équipée) ce qui rassemble tous les jeux de pelote basque. Mais attention, il n’y a pas une mais plusieurs pelotes. D’abord, la taille est adaptée à l’instrument utilisé et évidemment modifiée selon les jeux.

A son centre, une boule de buis de 20 à 36 millimètres. Autour de celle-ci sera enroulé un ruban de latex. Latex arrivé au Pays Basque par Bilbao au XIXème siècle. C’est cette matière qui donne aujourd’hui un son claquant à la balle mais aussi son incroyable rebond malgré sa dureté. A la prise en main, vous ne sentez pas le latex mais une peau de chèvre taillée en deux formes de 8 qui recouvre un fil de laine de plusieurs mètres qui a été lui même enroulé autour du latex. La fabrication de la balle est aussi précise que la réglementation est exigeante sur la dite balle.

 

 

 

Gant de cuir

Le gant de cuir a rapidement été choisi pour se protéger la main et frapper avec puissance la pelote en limitant la douleur. Ils donneront naissance au chistera mais ont toujours toute leur place dans les jeux de pelote basque.
Comme la pelote, ils sont toujours fabriqués de manière artisanale et diffèrent selon le joueur et le jeu pour lesquels ils sont destinés.

Aujourd’hui, le gant de cuir est utilisé pour les jeux de pasaka, de rebot (et de son ancêtre le laxoa).

Le pasaka, se joue avec un filet bas où deux binômes se font face, comme à un double de tennis, dans un trinquet où les murs sont parfois utilisés pour donner de l’effet à la balle. Les pelotaris frappent la balle à la volée ou après un rebond,… on comprend alors pourquoi le gant de cuir est utile.

Le rebot se joue en plein air, en place libre, où deux équipes de 5 joueurs se répartissent de part et d’autre de la cancha. Les pelotaris avant ont un gant de cuir, quand les joueurs arrière ont une chistera.

 

Le chistera

Avec le chistera, le gant en cuir est prolongé par un panier en osier adapté à la récupération de la balle et son renvoi. Un vrai prolongement de la main en arrondi.

C’est à Jean Dithurbide, nommé à juste titre … Gantxiki que l’on doit le chistera. Il l’a inventé en 1857 pour se passer des anciens gants en cuir. Ces derniers étaient considérés comme trop lourd par les pelotaris. Les joueurs préfèrent souvent le chistera pour sa maniabilité et le fait qu’il donne plus de puissance à la balle. Sans compter que l’on se fatigue moins.

Comme pour la balle, les chisteras vont différer selon la discipline et donc s’adapter à des règles de jeu bien précises.

Le plus connu est le grand chistera ou la cesta punta. Sa courbure et sa longueur vont de paire avec le mouvement du pelotari. Il y récupère la balle depuis l’extrémité du chistera et s’élance pour relancer la balle dans une belle fluidité du mouvement.

Le petit chistera ou joko garbi (comme son jeu) est donc moins long mais aussi moins courbé et profond. Car la balle doit être relancée immédiatement.

Le dernier, le chistera de remonte, peut être considéré comme un entre-deux où le panier est peu courbé mais long.

 

La pala

La pala ou paleta sont très courantes sur les trinquets, mur à gauche et place libre. C’est une sorte de raquette en bois avec laquelle on vient frapper la balle. Forcément, elle lui donne une sacrée puissance. Celles et ceux qui ont joué au jokari dans leur enfance ne seront pas dépaysés avec la pala car elle lui ressemble. Pour plus de maniabilité, elle a une sorte de retour en marteau permettant une bonne tenue dans la paume. Les échanges sont alors très rapides et intenses.

Là encore, plusieurs types de palas existent variant en taille et poids selon le jeu choisi. Le poids de la pelote diffère aussi selon la pala, allant de 40 à 110 grammes.

 

La rubrique « Patrimoine dévoilé » est publiée en partenariat avec Sud Ouest Mag

 

 

Alexandre Marsat

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