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Lascaux IV : les techniques de reproduction des 1500 gravures et 680 fresques de la grotte

Pas moins de 31 mois de travail auront été nécessaires pour reproduire les 900 mètres carrés de parois ornées de la grotte de Lascaux. A la veille de l'ouverture de Lascaux IV, le Mag de Cap Sciences vous explique les techniques mises en place par la société périgourdine AFSP.

Lascaux IV : les techniques de reproduction des 1500 gravures et 680 fresques de la grotte

Ils l'avaient déjà fait en "plus petit" pour Lascaux III, l'exposition itinérante des fresques de la grotte. Ils l'ont refait pour Lascaux IV mais cette fois-ci l'Atelier des Fac-Similés du Périgord (AFSP) est passé à la taille réelle : ce sont les 900 m2 de parois ornées de 1 500 gravures et 680 fresques de l'ensemble du site original qui ont été reproduites.
« Pour l'exposition itinérante, il fallait penser à un produit résistant à la manipulation. Ici, on a surtout pensé au froid et l'humidité. » Francis Ringenbach est le directeur artistique de l'entreprise et il a supervisé l'ensemble des étapes de fabrication sur les 31 mois de travail nécessaires à la réalisation de ces fac-similés.

L'AFSP a suivi un processus minutieux entamé par un relevé 3D de la grotte d'origine, effectuée au scanner et photos par la DRAC et un géomètre. C'est à partir de là que l'AFSP prend la main en utilisant ce modèle virtuel pour fraiser des blocs de polystyrène en reproduisant les aspérités de la grotte. Un principe inverse à celui d'une imprimante 3D puisqu'au lieu d'ajouter de la matière, on en enlève.
Les blocs ainsi obtenus, une fois rassemblés comme un grand puzzle dans l'atelier de l'entreprise, ont été affinés sous projection photo. On leur a alors ajouté de la matière pour reproduire le grain de tout ce qui devait être sculpté, allant jusqu'à rendre l'aspect et le toucher des parois. Le tout a constitué une matrice dont on a pris l'empreinte avec un moule élastomère auquel on a plaqué un contre-moule de 8 à 10 mm d'épaisseur, en résine industrielle, de celles dont on fait les coques de bateaux ou les piscines, destiné à rigidifier le tout une fois démoulé.

 

Un "voile de pierre" projeté sur l'élastomère

 

Nous voici donc avec une double couche : la résine qui tient l'élastomère. C'est sur cet élastomère que l'on va ensuite projeter un « voile de pierre » qui deviendra la paroi définitive, un mélange de résine acrylique, d'eau et de composants minéraux.
Un produit breveté par l'AFSP après plusieurs centaines de tests, dont un contrôle de son vieillissement. « Il fallait qu'il réponde à deux conditions essentielles : être très mat et avoir un grand pouvoir absorbant. » Car les pigments appliqués ensuite pour reproduire les fresques « fusionnent avec la matière, ils en font partie. Comme dans la grotte où le calcite, qui a un grand pouvoir absorbant » fait désormais partie du dessin.

 

Et pour reproduire les nuances des trois pigments naturels d'origine (dues aux inégalités des filons où on les puisait), il a fallu avoir recours à une vingtaine de pigments industriels actuels. En attendant de pouvoir réutiliser tout ce savoir-faire pour une autre reproduction de grotte, l'AFSP l'emploie aussi à des petites reproductions qui seront vendus aux boutiques de Lascaux IV.