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La Nouvelle Aquitaine lance un "GIEC biodiversité" avec 200 scientifiques

La Région Nouvelle Aquitaine a lancé ce vendredi 27 janvier 2017 un « GIEC Biodiversité » régional. Regroupant à terme pas moins de 200 scientifiques, il vise à évaluer les conséquences de l’érosion du vivant dans la grande région sur tous les domaines de la société humaine.

La Nouvelle Aquitaine lance un "GIEC biodiversité" avec 200 scientifiques

La France figure parmi les 10 pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces menacées : au total, 1143 espèces menacées au niveau mondial sont présentes sur son territoire. Selon la Liste rouge des espèces menacées en France, coordonnée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) France et le Muséum national d’Histoire naturelle, 9 % des mammifères, 32 % des oiseaux nicheurs, 23 % des amphibiens et 22 % des poissons d’eau douce sont menacées de disparition. Les raisons d’un tel déclin sont multiples : destruction des habitats, surexploitation des ressources naturelles, pollutions des milieux, dissémination d’espèces invasives, auxquelles s’ajoute le changement climatique.

 
 
La Région Nouvelle-Aquitaine, qui couvre un 8e du territoire français n’échappe pas à ces statistiques alarmantes.
« Dans le monde, 60 % des vertébrés ont disparu en 40 ans. Les scientifiques parlent de 6e extinction des espèces au niveau mondial, s’inquiète Nicolas Thierry, le vice-président du conseil régional en charge de l’environnement et de la biodiversité. Cet effondrement du vivant est quasi inédit dans l’histoire géologique et a des conséquences lourdes sur le fonctionnement de nos sociétés que ce soit au niveau de la sécurité alimentaire, de la qualité des eaux potables ou encore de la production de médicaments, 40 % des molécules pharmaceutiques étant extraites du vivant. »
 
 
Pour évaluer précisément toutes ces conséquences et faciliter la prise de décision dans le cadre des politiques publiques, la Nouvelle Aquitaine lance un « GIEC* Biodiversité » sur son territoire, sorte de déclinaison régionale de l’IPBES, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques créée en 2012.
 

Conséquences de son érosion pour les sociétés humaines

 
 
Piloté par Vincent Bretagnolle, directeur de recherche au Centre d’études biologiques de Chizé (département des Deux-Sèvres), ce GIEC reposera sur la contribution de près de 200 chercheurs et experts de la région. Un conseil du comité scientifique, constitué de 6 à 8 scientifiques** de renommée nationale, apportera un éclairage scientifique et stratégique sur les travaux.
Le « GIEC Biodiversité » dispose de deux ans pour fournir le rapport de l’initiative (publication prévue pour fin 2018, début 2019). « Il s’agira pour nous de réaliser un état des lieux aussi quantitatif que possible de la biodiversité dans notre région, détaille Vincent Bretagnolle. Nous analyserons aussi les conséquences de son érosion pour les sociétés humaines et l’activité économique de la Nouvelle Aquitaine. Celle-ci repose fortement sur la nature avec les activités d’agriculture, de sylviculture, de conchyliculture de pêche. Dans le domaine agricole par exemple, nous savons d’ores et déjà que la présence d’abeilles pourrait augmenter de 20 % le rendement agricole. Nous nous intéresserons également aux conséquences socioculturelles d’une telle érosion sur la chasse, la pêche, l’écotourisme… » 
 
 
Nicolas Thierry précise : « ce diagnostic extrêmement précis devra ensuite irriguer les politiques publiques ».
En 2011, la Région avait fait figure de pionnière en sollicitant le climatologue Hervé Le Treut pour évaluer les conséquences sur changement climatique en Aquitaine. La mission avait abouti, en 2013, à la publication d’un ouvrage et à la mise en place d’un Comité scientifique régional sur le changement climatique, AcclimaTerra. Aujourd’hui, elle compte bien à nouveau jouer les précurseurs et servir de préfiguration pour un échelon national voire international.
 
 
 
*Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC)
**Notamment : Bernard Chevassus-au-Louis, membre du Conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité, ancien directeur de l’INRA ; Bruno Latour, sociologue, anthropologue et philosophe des sciences à Science Po Paris ; Sandra Lavorel, directrice de recherche au CNRS, membre de l’Académie des sciences, spécialisée en écologie fonctionnelle ; Paul Leadley, ,membre de l’IPBES, membre du conseil scientifique de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité ; Laurent Mermet, professeur en sciences de gestion à AgroParisTech, membre du Centre des sciences de la conservation.

heimburger_flore@yahoo.fr

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