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La nécropole antique découverte à Bordeaux suscite des questions

Avec plus de 80 sépultures collectives, la nécropole antique découverte à Bordeaux a une ampleur exceptionnelle. Mais si ces sépultures en font l'originalité, ce ne sont pas les seules surprises que ces fouilles révèlent.

Les sépultures multiples dans l'antiquité et ce sont là près de 80 d'entre elles que les archéologues ont découvert

Il n'y avait jusqu'alors que quatre exemples de nécropole de ce genre en Europe (trois en France et une en Bavière), et les fouilles sous l'ancien commissariat central de la ville de Bordeaux viennent d'en révéler une cinquième. Et qui surprend par son ampleur : 80 sépultures multiples qui comprennent chacune entre deux et dix corps, c'est au bas mot 600 morts que l'on a enterré ainsi à la va-vite, contrairement aux usages d'alors qui prévoyaient des tombes individuelles.
Pour Xavier Perrot, qui dirige ces fouilles préventives effectuées par Hades, il s'agit vraisemblablement de mesures d'urgence prises lors d'une épidémie.

Les fouilles s'étendent sur 2 000 mètres carrés bordés au sud par un fossé au delà duquel il n'y a plus rien, lui-même dans l'alignement des traces d'un ancien décumanus trouvé quelques dizaines de mètres plus loin lors d'une fouille ancienne. Il apparaît clairement que le parcellaire a été bien délimité pour cette nécropole proche de l'actuelle basilique Saint-Seurin, fondée elle-même au VIème siècle.
La nécropole, datée du IVème siècle grâce à du mobilier trouvé sur place, aurait pu justifier la création de cet édifice qui, a son tour, a continué à alimenter la vocation sépulcrale du lieu. Quoi qu'il en soit, cette datation reste à affiner : il n'est pas interdit de penser que ce cimetière antique a existé avant et que sa vocation s'est maintenue ensuite puisque des tombeaux mérovingiens ont été découverts en limite de la parcelle fouillée.

Mais la zone est riche aussi d'autres enseignements : en limite de fouille, on a également trouvé des restes de bâtiments antérieurs à l'utilisation du lieu comme cimetière. Cela confirme ce que l'on savait, à savoir que la ville du Haut-Empire était plus étendue que celle du Bas-Empire, époque à laquelle les sépultures sont datées.

L'autre intérêt de cette découverte rare, c'est la cohabitation de plusieurs modes d'inhumation.
A côté des individus qui reposent en pleine terre, on trouve également des cercueils, des inhumations sous des tuiles en bâtières, dans des amphores (souvent réservées aux jeunes enfants) ou dans des coffrages en brique. Là aussi, « on trouve presque tout ce qui pouvait se pratiquer dans l'Antiquité. Ce n'est pas surprenant mais cela a été rarement fouillé. »

Autant dire que cette fouille, qui permet d'éclairer fortement l'histoire de Bordeaux, a également des répercussions scientifiques sur la connaissance des sépultures antiques au niveau européen. Les fouilles préventives, programmées originellement jusqu'en janvier, devraient pouvoir être prolongées. Ensuite... des habitations sont prévues sur les lieux.

 

Crédit photo : Jean-Luc Eluard