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La cigogne, nouvel emblème de la Charente-Maritime

Ces dernières années le bel oiseau symbole alsacien, s’est installé en nombre grandissant dans les marais charentais. Trouvant gîte et couvert, la population de cigognes dépasse maintenant celle d’Alsace.

La cigogne, nouvel emblème de la Charente-Maritime

Diantre ! Les cigognes ne sont plus l’apanage des Alsaciens. La Charente-Maritime a doublé ces dernières années l’Alsace avec 500 couples s’installant au printemps dans les marais charentais pour se reproduire avant de retourner à la rentrée de septembre en Afrique.

Une implantation charentaise qui remonte au milieu XIX ème siècle où des cigognes étaient aperçues, arrivant ici souvent de manière accidentelle. Mais une petite poignée de leurs descendantes ont décidé de tenter de poser leur baluchon entre 1962 et 1967. Le premier bastion est alors situé dans le marais de Brouage. La date est très précise car ces pionnières ne reviennent pas les années suivantes. Fin de la tentative ?

Nicolas Gendre, Monsieur cigognes à la LPO,  explique : « Sa disparition dans les années 70 est liée aux sécheresses sahéliennes. Elles y manquent de ressources dans leurs grandes marres habituelles. Le taux de survie est alors en chute libre. »

Affaiblies, la migration vers nos régions est difficile et celles qui survivent manque de force pour une bonne reproduction. En 1974, l’espèce est alors au bord de l’extinction en France avec seuls onze couples recensés.

 

Des nids de 400 kilos

Les Alsaciens décident alors de les maintenir en enclos pour les (sauve)garder. Sur la façade atlantique, elles préfèrent les arbres, le choix est donc de la laisser revenir naturellement.  Le pari est risqué mais plus proche de l’équilibre de la nature.

Et finalement elles s’installent sur les ormes qu’elles affectionnent dès 1978. Pas de chance, les ormes sont touchés par la graphiose. Ils ne peuvent plus supporter les nids de 400 kilos qui tombent à la première tempête venue.

Bis repetita… fin de l’histoire ?

Deux associations, le groupe ornithologique Aunis-Saintonge et la LPO vont la sauver. Ils construisent des plateformes artificielles à la place des arbres qui menacent de s’effondrer.

Cela marche ! La cigogne a le feu vert pour se développer.

Et aujourd’hui, ce ne sont pas moins d’une centaine de plateformes construites essentiellement dans les années 80-90 qui sont occupées.

Dès lors le développement est exponentiel. Cette année 500 couples sont comptabilisés. Ils pourraient donner naissance à 700 cigogneaux comme les années précédentes, distançant sans coups férir l’Alsace.

 

 

De Rochefort à Cognac

D’ailleurs, la belle a décidé d’élargir son territoire. De Brouage, elle a investi le marais rochefortais, puis les marais bordant l’estuaire jusqu’en Gironde. Elle remonte aussi la Charente et ses affluents. Déjà présente à Cognac, il ne serait pas surprenant d’en voir cette année jusqu’à Angoulême.

Si la Charente-Maritime a vu s’installer la cigogne, c’est que la table y est bonne. « il ne faut pas oublier que l’oiseau migre avant tout pour la nourriture », rappelle Nicolas Gendre.

Les grands espaces préservés des marais charentais lui sont favorables. Elle est d’ailleurs friande d’écrevisses de Louisiane. L’invasif tant décrié fait en effet le bonheur de la cigogne. Et c’est certainement à lui qu’on doit la présence d’une telle population de demoiselle blanche.

« Comme il y a beaucoup de carotène dans cette écrevisse, les pattes des petits qui sont noires peuvent devenir orangées ressemblant alors aux parents qui ont les pattes rouges. »

Alors, ne vous y trompez pas, en ce mois de juillet commence l’envol des cigogneaux. Ils vont tour à tour redescendre vers le Sahel avant de revenir, adulte, dans nos marais pour s’y reproduire.

 

"La route des cigognes"

La « route » électrique haute tension qui longe la départementale 123 de Saint-Agnant à  Marennes est devenue un lieu de nidification des cigognes qui ont décidé d’élire domicile sur les pylônes.

Pour protéger les nids et les lignes, la LPO a d’ailleurs passé un partenariat avec Enedis et RTE installant ou déplaçant des nids en forme de corbeille quand cela est nécessaire.

 

 

Crédits photos :
Michel CAUPENNE / LPO17
Francis GIRAUDON / LPO17

 

La rubrique « Patrimoine dévoilé » est publiée en partenariat avec Sud Ouest Mag

Alexandre Marsat

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