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L’hôpital aux 2500 animaux sauvages

Situé près du bassin d’Arcachon, le Centre de sauvegarde de la faune sauvage de la LPO Aquitaine est devenu en quelques années l’un des plus grands centres de soin à l’échelle nationale. Des oiseaux marins mais aussi des chevreuils, des hérissons, des levrauts, des rapaces... en détresse y sont accueillis pour être soignés avec des techniques et des chirurgies de pointe avant de retrouver leur liberté.
Reportage.

L’hôpital aux 2500 animaux sauvages

Les dernières tempêtes hivernales ont apporté leur lot d’animaux en détresse au Centre de Sauvegarde de la Faune Sauvage d’Audenge. Huit guillemots de Troïl ont ainsi été récupérés sur les plages girondines suite au passage de la tempête Marcel.

 


Le Centre est doté de 4 piscines filtrées destinées aux oiseaux d’eau ou marins, comme ces guillemots de Troïl, et aux reptiles.

 

Victimes d’un dégazage sauvage, trois d’entre eux sont morts, mais les cinq autres ont survécu grâce à la ténacité des soigneurs. Il faut dire que le Centre, crée par la LPO en 2003 suite à la marée noire du Prestige, a l’habitude des situations de crise. « Lors des grosses tempêtes, il nous est déjà arrivé de recueillir jusqu’à 200 oiseaux marins en détresse ! Dans ces cas-là, chacun est sur le pont et se tient prêt à enchaîner lavages et gavages », commente sa responsable, Manon Tissidre.

 


Les hérissons sont les principaux pensionnaires du Centre qui en a accueilli plus de 350 en 2016. Dix box leur sont destinés.

 

 


1- Huit volières intérieures sont destinées à la rééducation au vol des oiseaux ou des chauve-souris comme ces pipistrelles communes.
2- Ce faucon pèlerin est arrivé au Centre avec 5 balles de plomb dans le corps. L’une d’elles a fracturé un petit os de son aile droite et sa rééducation sera longue.

 

578 mammifères pris en charge en 2016

Les oiseaux marins ne sont pas les seuls à bénéficier des soins attentifs des quatre soigneurs en poste. En 2016, le Centre a accueilli 2 502 animaux, représentant 200 espèces. Contre toute attente, c’est le groupe des mammifères qui est le plus représenté. Il n’est donc pas étonnant de tomber sur un vieux chevreuil mâle, terminant sa convalescence dans une volière intérieure aménagée en box 5 étoiles.


1- Tout animal sauvage emmené au Centre est rapidement conduit à l’infirmerie pour déterminer la gravité de ses blessures ou de son état. Il y reviendra par la suite pour recevoir les soins nécessaires.
2- Ce vieux chevreuil mâle apprécie le confort de la lampe chauffante installée dans une volière aménagée à son intention.

 

À l’échelle régionale, le centre de soins d’Audenge est seul à prendre en charge les grands mammifères comme les chevreuils, « une espèce galère » soupire Manon. Leur poids, leur vivacité et leur imprévisibilité en font des animaux « dangereux et compliqués à gérer » qui stressent en outre énormément.

Le Centre en recueille 45 par an en moyenne, soit plusieurs individus par mois qui arrivent souvent avec des fractures multiples et nécessitent des prises en charge complexes.

 


La convalescence de cette buse variable, victime d’une luxation de l’aile suite à un choc, est terminée. Son passage dans l’une des 7 volières extérieures lui a permis de retrouver sa musculature.

 


Dans quelques instants, la buse variable va retrouver sa liberté. Un moment sans doute exaltant pour ce rapace diurne et très gratifiant pour l’équipe, présente au grand complet. 
 

 

Médecines douces et chirurgie de pointe au service des animaux

Les patients à poils, à plumes et à écailles bénéficient ici de techniques ou de chirurgies de pointe réalisées par l’un des 16 vétérinaires bénévoles. Récemment, un goéland arrivé avec une nécrose d'une partie de l'aile et un épanchement, a ainsi été traité par thérapie laser. Ce matériel de pointe permet de traiter problèmes de peau, inflammations, fractures, plaies et abcès, problèmes respiratoires ou neurologiques...

Tous les animaux du centre bénéficient de ces traitements laser, indolores, qui permettent d'éviter des manipulations ou des traitements stressants. Les médecines alternatives (acupuncture, phytothérapie, homéopathie) sont également utilisées. Les guillemots mazoutés convalescents se sont ainsi vus proposer un menu « détox » à base d’éperlans… à la spiruline, une micro-algue riche en fer et en vitamine B12, destinée à « redonner un coup de fouet » à ces oiseaux très affaiblis. « Et l'on a rajouté en prime des bonnes bactéries destinées à éliminer au plus vite les substances chimiques présentes dans leur corps » commente Mathieu, l’un des soigneurs.

 


Installé depuis sa création sur le domaine de Certes-Graveyron à Audenge, le Centre de sauvegarde a inauguré ses nouveaux locaux en mai 2016.

 

Le centre se préoccupe aussi de minimiser l’impact environnemental des soins. Aussi les soigneurs utilisent-ils des "micro-organismes effectifs activés". Ces « bonnes » bactéries servent à « nettoyer les sols et les cages mais aussi les plaies et on en met dans la nourriture pour réensemencer la flore intestinale de nos patients », témoigne Manon Tissidre qui se réjouit des bons résultats enregistrés par le Centre.

En 2016 « sept animaux sur dix ont pu être relâché ». Un taux de réussite de 67%, supérieur à la moyenne nationale (48%). Les deux derniers guillemots « démazoutés, retapés, remusclés, lavés et étanchéifiés » ont pour leur part mis les voiles le 13 mars dernier.

 

En cas de découverte d’un animal sauvage blessé ou en détresse, contactez le Centre de sauvegarde de la faune sauvage d’Audenge au 05 56 26 20 52 ou au 06 28 01 39 48

 

Crédit photos : Thierry Racinais

 

Alexandrine Civard-Racinais

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