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Interstellar : réalité ou fiction ?

Dans le cadre de notre projet, nous avons vu et étudié Interstellar, film d’anticipation et de science-fiction sorti en 2014, et réalisé par Christopher Nolan. Celui-ci a sollicité de grands astrophysiciens tels que Kip Thorne et Stephen Hawking pour l’aider à rendre son film le plus crédible possible. Alors, quelle est la part de réalité ou de fiction dans Interstellar ? Jean Philippe Beaulieu, astrophysicien, nous aide à y voir plus clair.

INTERSTELLAR, film d’anticipation et de science-fiction sorti en 2014 et réalisé par Christopher Nolan.

Pourquoi le film s’appelle-t-il Interstellar ?

 ‘’Stella’’ veut dire étoile et « inter » lui signifie « entre », donc le titre signifie « entre les étoiles ». 

 

Peut-on quitter la Terre comme dans le film Interstellar ?

Pour l’instant nous ne pouvons pas quitter la Terre pour aller dans un autre système solaire car la distance est trop importante avec les moyens de transports actuels. Jean-Philippe Beaulieu a pour projet d’envoyer un satellite (projet ARIEL) dans une dizaine d’années derrière la lune, à 1 million de kilomètres de la Terre. Il faut être là-bas pour ne pas être perturbé par l’attraction de la Terre ni de la lune et faire des mesures précises des atmosphères d’exoplanètes.

M. Beaulieu nous explique que d’ici 20 à 30 ans, la Chine pourrait être le premier pays à envoyer des astronautes sur Mars. Cependant l’impact des rayons cosmiques représente un danger important pour le corps humain (impliquant des maladies comme le cancer) qui n’est pas totalement mesurable à ce jour. L’opération durerait dix-huit mois dont douze mois de voyage. 

Dans le film, les astronautes vivent plusieurs années dans des caissons d’hyper-sommeil, des capsules. Cela est-il crédible ? 

Pour l’instant la technologie n’est pas assez avancée pour permettre au corps humain de rester plusieurs mois à l’intérieur d’une capsule en état d’hibernation, il faudrait que le liquide présent dans les caissons ressemble en tous points à du liquide amniotique, la science n’en est pas encore arrivée là !  Pour la cryogénisation, ce n’est toujours pas au point car le cerveau ne pourrait pas supporter cette température. Par conséquent ces aspects du film sont purement fictionnels.

 

Dans Interstellar, l’impact de l’homme sur la Terre est mis en avant : celle-ci se meurt, subit des tempêtes de sable et de poussière, une énorme sécheresse, la végétation est dévastée, ce qui menace la population qui finira par mourir de faim ou d’asphyxie… La fin de l’humanité et la destruction de la Terre peuvent-elle un jour avoir lieu comme dans le film ? 

On n’en est pas encore là mais si on continue comme ça, cela arrivera un jour. On utilise trop d’énergie fossile, « on bouffe nos ressources », nous indique Jean-Philippe Beaulieu. Le climat se dégrade avec de très fortes températures, un climat de plus en plus extrême, très chaud, très froid, des tempêtes de plus en plus violentes. Nous sommes sur une mauvaise pente :  il faut changer cela pour les générations futures !

 

Dans Interstellar, le personnage principal arrive dans un espace pluridimensionnel qui permet au héros de communiquer très loin, avec la Terre et dans le passé. Combien existe-t-il de dimensions ou combien en connaissons-nous ?

Comme nous l’explique l’astrophysicien Jean-Philippe Beaulieu, il existe 4 dimensions prouvées (trois de mouvement et une de temps). Les dimensions supplémentaires qu’Interstellar essaye d’illustrer n’ont pas été prouvées, cela relève de la science-fiction. Il pourrait cependant exister d’autres dimensions mais ce ne sont que des théories et des calculs mathématiques. Dans le film, cela serait plus une allégorie de l’amour qui traverse le temps et l’espace :  les personnages principaux (Cooper et sa fille Murphy ) seraient connectés entre eux par la gravité.  

 

Dans le film, les personnages passent par un trou de ver dont l’accès est situé en orbite de Jupiter pour atteindre une autre galaxie. Dans cette autre galaxie, ils émergent à proximité d’un trou noir, nommé Gargantua. Quelle est la différence entre un trou noir et un trou de ver ? L’existence des trous de ver a-t-elle été prouvée ? Peut-on traverser un trou noir ?

Un trou noir est composé de cadavres d’étoiles qui s’effondrent, il aspire et broie tout ce qui entre dedans. Cela existe réellement. Un trou de ver serait, lui, comme un tunnel, une zone où s’échapperait de la matière vers un autre endroit, une sorte de passage spatio-temporel. L’existence du trou de ver n’a pas été prouvée, cela reste de la fiction, de la spéculation. Quant à la possibilité de traverser un trou noir, fiction aussi : le fait qu’un vaisseau spatial puisse le traverser n’est pas crédible, car tout corps introduit dans un trou noir serait de toute façon immédiatement écrabouillé et pulvérisé. 

 

Dans le film, le temps ne s’écoule pas de la même façon sur les planètes proches du trou noir. Pourquoi le temps ne passe pas de la même façon sur la Terre et sur la planète-océan Miller où 1 heure est égale à 7 ans sur Terre ?

Cela serait dû à la gravité. Jean-Philippe Beaulieu nous a présenté un très bon exemple pour décrire ce phénomène. Prenons deux montres réglées à la même heure, avec l’une qui est embarquée dans un avion et une autre qui reste sur la terre ferme. L’avion s’envole par exemple à 4000 mètres d’altitude pendant 30 minutes puis redescend et quand on compare l’heure sur les deux montres, la montre restée au sol a une heure plus avancée que celle qui est partie dans l’avion, de quelques millionièmes de secondes. Donc on mesure ces effets sur Terre, mais c’est tout petit. Autour de Gargantua, dans un champ de gravitation épouvantable, il y a un facteur 60 000 en temps, 1 seconde pour le vaisseau spatial posé sur la planète correspond à 60 000 secondes pour celui en orbite plus loin. 

 

Une planète couverte d’eau comme Miller ou un planète glacée comme la planète Mann dans Interstellar, cela existe-t-il ? Pourrait-il y avoir un phénomène de grandes vagues comme dans Interstellar ? 

On a découvert depuis peu des mondes extrêmes. Donc oui, même si on n’a pas encore découvert de planètes entièrement recouvertes d’eau, cela pourrait être possible. Une planète d’eau pourrait être soumise à un effet de marée et donc de vagues comme sur Terre, mais, selon Jean-Philippe Beaulieu, ces vagues ressembleraient plus à des vagues de tsunami et non à des vagues de surf comme dans Interstellar : on n’aurait pas une crête de vague semblable à une vague de surf de Lacanau un jour de grande marée.

 

 

Lou-Ann Medel, Mathieu Deschamps, Léo Godin, Maxime Prodhomme, élèves de 3e au collège de Cadaujac.