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Il faut supprimer les notes ! Ce sont les scientifiques qui le disent

Enfin ! Après des années, pour ne pas dire des décennies, de débats sur les notes en classes dont les dégâts sont perceptibles tout au long de la vie, une étude scientifique tente de mettre fin à la notation.

Il faut supprimer les notes ! Ce sont les scientifiques qui le disent

Pour une fois, cela me donnait envie d’applaudir et non pas de râler dans cette chronique, sauf que…
Sauf que forcément, l’étude a été épluchée, décortiquée, analysée pour montrer ses limites et tenter de repousser l’idée d’en finir avec les notes.
Regardons d’abord de près l’étude scientifique. Elle s’est appuyée sur une expérimentation menée dans l’académie de Tours-Orléans en impliquant pas moins de 6.000 élèves dans 70 collèges et lycées qui ont préféré bannir les notes. L’idée étant de privilégier l’évaluation des compétences, et ce par quatre niveaux : très bien acquise, acquise, en cours d'acquisition, pas acquise.

Les scientifiques ont consacré leurs efforts sur les classes de troisième, passage important du parcours scolaire. Les deux principales conclusions sont sans appel. Bref, rien qu’en les lisant, on pourrait croire que toutes les académies vont se mettre à supprimer les notes :
- cela permet un meilleur apprentissage des connaissances
- les inégalités entre élèves des différentes classes sociales sont réduites

 



Un véritable « effet waouh » sur lequel insiste LeMonde.fr en citant Pascal Huget, le responsable de cette étude : « Ce n’est pas rien ! Cette différence, voilà des années que l’école républicaine tente de la réduire à grands coups de réformes, et pourtant la France reste championne des inégalités. En une année scolaire, on n’a pas inversé la machine, mais manifestement, voilà une méthode qui semble permettre à l’ascenseur social de redémarrer. Peut-être pas de monter au 10e étage, mais au moins au 5e… »

Bon alors, on arrête tout et on passe à l’évaluation par compétences !?
Trop beau pour être vrai ! Certains ont donc cherché les failles de cette étude scientifique. Et ils en ont trouvé une sur laquelle ils insistent : ces effets sont surtout visibles en mathématiques, beaucoup moins en histoire-géo et en français.
Leur conclusion est simple, il ne faut pas généraliser la méthode et il faut la remettre en cause.
Avec des réactions très hostiles comme celle du vice-président du syndicat enseignant SNALC-FGAF, Jean-Rémi Girard cité par le Figaro : « Le fait que l'expérimentation n'ait fonctionné que pour les mathématiques est bien la preuve que ce n'est pas une étude scientifique ». Voilà, rien que ça. Le CNRS appréciera.

Pourtant les scientifiques ont déjà répondu à ce résultat qu’ils ont eux-mêmes mis en évidence. Les profs de maths ont été plus impliqués dans le projet de non-notation que les profs des autres disciplines.
D’un coup, je vais me mettre à aimer les maths.

 

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