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Dune du Pyla : elle bouge, recule et grandit !

En cinq ans, la dune du Pyla a grandi de 30 centimètres. Mais la dune surplombant le bassin d'Arcachon ne fait pas que grandir, elle subit aussi des mouvements multiples et pas tous prévisibles. Tour d'horizon avec l'Observatoire de la côte aquitaine et le Bureau de recherches géologiques et minières.

Deux ingénieurs de l'observatoire du littoral prennent des mesures à l'aide de GPS précis au centimètre près. Ces relevés réguliers ont lieu depuis 2002 et concernent l'ensemble du littoral aquitain mais tout particulièrement la Dune du Pyla.

Forcément, ça attire l'attention : la plus haute dune d'Europe, la dune du Pyla, a gagné 30 cm en hauteur entre 2011 et 2016. Sauf que « c'est très relatif : la semaine prochaine, elle aura peut-être diminué » remarque Thomas Bulteau, ingénieur littoral au BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières). « Il est difficile d'avoir une tendance ferme sur plusieurs années. »
Elle mesure donc officiellement 109,2 m mais c'est provisoire. Parce que c'est essentiellement le vent qui détermine cette hauteur et la modifie.
Le vent d'ouest surtout qui est de très loin le plus fréquent : s'il est doux et régulier, il fait petit à petit grimper des grains de sable de la bande littorale vers le sommet de la dune. S'il souffle en tempête, il arase la crête.


En outre, en fonction des régimes des vents, cette érosion ou cette accumulation au sommet n'est pas la même sur toute la longueur de la dune. Mais ce qui est certain, c'est que le piétinement dû au tourisme de masse ne lui fait pas du bien puisqu'il empêche la végétalisation, surtout côté ouest par où arrive le flot principal des visiteurs. Or, la végétation piège le sable et diminue les effets d'arasement du vent.

 

La dune du Pyla recule de 4 mètres

 

C'est la même inégalité pour son déplacement horizontal : sur ses trois kilomètres de long, elle recule globalement mais pas à la même vitesse. Au sud, le recul est d'environ deux mètres par an et il atteint quatre mètres au nord parce que l'une des passes qui permettent d'entrer dans le bassin d'Arcachon longe la dune et progresse lentement vers la terre. Curieusement, la partie centrale de la dune ne recule pas et aurait même tendance à progresser en direction de l'océan pour des raisons qui demeurent encore inexpliquées.

Si la tendance actuelle se confirme (et cela reste à prouver) à moyen terme, elle aura changé d'orientation et reculé à l'intérieur des terres. Beaucoup de paramètres sont encore flous et rien ne dit qu'elle existera encore : d'autres dunes l'ont précédé et ont disparu, dont on retrouve les traces plusieurs centaines de mètres à l'intérieur des terres où elles ont poursuivi leur migration avant de disparaître.
La dune actuelle n'a que 200 ans d'existence et son sort pourrait être le même à moins que la forêt, plantée artificiellement sous Napoléon III, ne modifie son destin. Quoi qu'il en soit, depuis une quinzaine d'années, elle est scrutée par l'Observatoire de la Côte Aquitaine à coups de GPS centimétriques qui établissent une cartographie 3 D bien plus précise qu'avec un GPS normal. Des images aériennes et satellites suivent le trait de côte sur plusieurs décennies alors que des lasers aéroportés donnent une vision 3 D de tout le littoral.
A l'avenir, des drones permettront des survols plus réguliers et actualisés pour tout mesurer en temps réel. De quoi permettre de mieux comprendre des mouvements très complexes et pas tous bien compris.