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Du porto chez le merlot ou du champagne chez les Anglais ?

Ces Américains ont failli nous faire douter il y a deux ans. Des chercheurs au drapeau étoilé avaient démontré que l’on ne produirait plus beaucoup de vin en 2050 à cause du changement climatique.

Du porto chez le merlot ou du champagne chez les Anglais ?

 

FLÂNEUR DES SCIENCES

 

Ils condamnaient même les principales régions françaises productrices : le Languedoc-Roussillon, le Rhône et le Bordelais. Le propos était suffisamment grave pour mériter une réponse des scientifiques français bien sentie et surtout très précise. Notamment grâce aux premiers résultats du projet de recherche Laccave sur les effets du changement climatique, auquel participent des chercheurs bordelais de l’ISVV et de l’Inra.

Si le bordeaux ne va pas disparaître, il va bel et bien devoir évoluer face au réchauffement. Comme pour les animaux et les autres végétaux, les cépages du Sud peuvent remonter vers le nord. Si le commun des mortels se dit que la syrah pourrait alors arriver en Bordelais, verra-t-on pour autant du porto au pays du merlot ? Rassurons les Portugais, leur vin mythique, dont
les cépages sont habitués aux sols chauds et arides, ne devrait pas être produit dans notre région.

En revanche, il se pourrait bien que l’on rapporte ici l’un de leurs cépages phares : le touriga nacional. Il se développe dans des vignobles eux aussi océaniques et semble le plus prompt à s’adapter à notre terroir.

 

LE PETIT VERDOT REVIENT

 

En Bordelais comme ailleurs, le changement de cépages fait craindre que la palette aromatique des crus ne soit modifiée. Rappelons que la viticulture s’est toujours adaptée. En Bordeaux, la pratique d’assemblage facilite cette adaptation. D’ailleurs, le cépage phare, le merlot, est somme toute très récent. Il sera le premier frappé, car il mûrit tôt. Mais le petit verdot, composante des assemblages bordelais, est plus tardif et pourrait aussi le remplacer. Pour preuve de l’évolution des bordeaux, prenons le French claret, qui a fait la réputation du Bordelais dès le XIIe siècle. Il s’est imposé sur les tables aristocratiques anglaises et n’a évidemment rien à voir avec le vin versé aujourd’hui dans nos verres. En parlant des Anglais, leur île pourrait bien héberger un vignoble de qualité. Les effets du changement climatique sont parfois surprenants… Le comté de Sussex ou encore celui de Kent, avec leur ensoleillement et leurs sols calcaires ou de craie sont parfaits pour la viticulture et la production de vins effervescents.  Ne vous étranglez pas, ces Anglais qui sont devenus spécialistes des bulles ne veulent pas piquer l’appellation Champagne mais construire leur propre identité. Échaudés par leur brandy ?

 

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest. http://www.sudouest.fr/lemag/

Alexandre Marsat

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