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D’où viennent les saints de glace ?

Saint Mamert, saint Pancrace, saint Servais… Nous sommes bien loin des Kevin, Brenda et même Marie-Charlotte. Et pour cause, ces saints qui figurent à notre calendrier grégorien remontent au haut Moyen Âge.

D’où viennent les saints de glace ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

Ou plutôt la tradition qui leur est associée. Car les jours calendaires représentés par ces saints sont situés les 11, 12 et 13 mai. Un mois considéré comme le véritable printemps et l’annonce de l’été. Et pourtant, ces chers Mamert, Pancrace et Servais sont appelés « saints de glace ». Ne les cherchez pas dans votre éphéméride, ils ont disparu au profit d’Estelle, Achille et Rolande. Le Vatican a en effet décidé de les rayer du calendrier dans les années 1960 pour effacer toute réminiscence de paganisme. Les jardiniers qui, entre deux rangs de plants, tiennent à la croyance des saints de glace apprécieront. Car la tradition remonte au Ve siècle, quand l’observation de la grenouille tenait lieu de prévisions météorologiques satellitaires. Mamert et les saints suivants étaient alors célébrés par les paysans en ce début de mai pour éviter tout malheur climatique à une période importante pour les plantations.

Malgré l’effacement des trois saints sur les calendriers, les jardiniers trépignent d’impatience à échéance, attendant cette date pour faire leurs semis. Même Météo France se veut prudent et a trouvé nécessaire de se fendre, sur son site, d’une analyse complète sur les épisodes climatiques des saints de glace de ces dix dernières années : « En observant les températures minimales les 11, 12 et 13 mai, on constate qu’elles sont, sans surprise, contrastées d’une année sur l’autre. Par ailleurs, des gelées en plaine ne sont pas impossibles après les saints de glace. »

Il faut reconnaître que les variations sont grandes. Avec un coup des températures dignes d’un mois d’août, puis, une autre fois, tombant en dessous de zéro. La France connaissant plusieurs types de climats et les paysages étant variés, il arrive que des températures très élevées soient comparées à des phases de gelées à la même période sur un autre territoire. Les jardiniers ont d’ailleurs adapté la date des saints selon les régions. Dans l’est de la France, où l’on peut parfois observer des gelées jusqu’à la fin de mai, nos trois saints sont remplacés par saint Bernardin (20 mai) et saint Urbain (25 mai).

La croyance populaire n’est pas près de disparaître des jardins… Les plants attendront encore un peu. Et puis les tomates peuvent être plantées jusqu’à la mi-mai ; alors, pourquoi prendre un – petit – risque ?

 

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest. http://www.sudouest.fr/lemag/

 

Alexandre Marsat

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