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Des paysages et des messages

Rassemblant paysagistes et différentes compétences de l’aménagement du territoire, l’atelier « Passeurs », basé à Bordeaux et à Chambéry, a la particularité d’impliquer différents publics dans ses projets d’aménagement et de faire passer un message que « l’homme et la nature ne font qu’un ».

Antoine Luginbühl et Louise Bouchet, paysagistes, cogérants de l'atelier « Passeurs ».

Le métier de paysagiste consiste, entre autres, à mener un projet d’aménagement en prenant en compte différentes approches : géographique, topographique, végétation plantée ou non par l’homme, constructions humaines (maisons, routes…).

Créée en 2006 par des étudiants à leur arrivée à l'ENSAP de Bordeaux, l’association « Passeurs » a évolué à partir de 2012 avec un premier salarié et désormais deux salariés. Ils associent parfois des photographes, des chercheurs en géographie, des sociologues, des architectes, des urbanistes.

Au sein de  « Passeurs », ses membres travaillent à l’échelle d’un jardin ou d’un grand territoire comme une vallée par exemple. Ils s’occupent de mettre de la végétation mais ont aussi en charge de faire passer un message que l’homme et la nature font partie d’un système dont chacun dépend de l’autre. La spécificité de l’association est en effet de faire un travail sur les questions de participation citoyenne, qui est une demande de plus en plus forte de la part des gens, et qui témoigne d’une envie de s’impliquer dans l’aménagement de leur cadre de vie.

 

Questions à Louise Bouchet et Antoine Luginbühl, paysagistes, cogérants de « Passeurs »   

Quelles sont les missions de Passeurs ?

Antoine : On fait une activité classique de paysagiste, d’aménagement du territoire, de dessin des espaces, et ce, dans un cadre participatif en impliquant les usagers dans le projet, par exemple un maire, des habitants et à plusieurs, on décide de l’aménagement. On mène de plus un travail périscolaire pour sensibiliser les jeunes aux questions de territoire et de paysage, de développement durable et d’environnement. Nous travaillons également dans un cadre de recherche ou de « recherche-action », pour faire évoluer les pratiques des aménageurs actuels et nous publions des articles sur les difficultés par exemple rencontrées lors d’un projet, pour que cela serve à d’autres personnes, pour partager notre expérience. On travaille sur le paysage car il est reconnu aujourd’hui comme apportant du bien-être. On essaie ainsi d’améliorer la condition de vie des citoyens.

 

Pourquoi votre association s’appelle « Passeurs » ?

Antoine : C’est important, selon nous, pour les paysagistes de ne pas seulement dessiner des espaces mais aussi de discuter avec les gens, leur expliquer que c’est aussi à eux de faire des choix et de leur faire comprendre que chacun a un regard personnel sur son cadre de vie. Il s’agit alors d’échanger, de transmettre et de « faire passer » ces différents points de vue

Louise : L’idée à travers l’association est aussi de faire passer un message, c’est pour cela qu’en plus de notre travail au sein du bureau d’études, nous allons intervenir par exemple dans des collèges, que nous menons des actions pédagogiques. Cela sert à sensibiliser sur justement la relation entre l’homme et la nature. 

 

Est-ce que vous avez déjà travaillé avec un collège sur un projet d’aménagement ?

Antoine : Oui, nous avons travaillé pendant un an avec 3 classes de 5e pour l’aménagement du collège Francisco Goya de Bordeaux. C’est un petit collège, en plein centre-ville, enfermé entre 4 bâtiments, des murs de béton et une cour toute petite. L’idée était d’arriver à introduire un peu de nature dans leur collège et de construire des petits modules pour des plantes, des espaces pour s’asseoir. On a fait un travail à partir de maquettes, et toujours dans ce cadre participatif, les élèves sont ainsi allés chercher les témoignages de leurs copains, leurs commentaires sur le collège, par exemple, sur l’escalier qui était mal éclairé.

 

Etiez-vous proches de la forêt lorsque vous étiez enfants ?

Louise : Je suis savoyarde d’origine. J’ai donc vécu dans les Alpes où il y a beaucoup de forêts, notamment des résineux qui gardent leurs épines toute l’année et des ambiances assez sombres. Du coup, j’étais habituée à me promener dans la forêt, à faire du ski, mais, ce que j’aime surtout, c’est être dans les alpages avec une vue surplombant la forêt.

Antoine : Moi, enfant, je vivais à Paris mais mes parents m’emmenaient souvent en forêt cueillir des champignons ou ramasser du bois, donc j’aime beaucoup les paysages de forêt.

 

Quelle est votre saison préférée pour observer la forêt ?

Antoine : J’aime toutes les saisons, le printemps quand toutes les feuilles sont vertes et que passent des lumières claires et transparentes. L’été, car c’est agréable de se mettre au frais dans la forêt. L’automne avec ses couleurs rouges, orangées, cuivrées très poétiques. Et en hiver, même quand il n’y a plus de feuilles, mais de la neige, cela me fait penser à Noël et à son côté magique.

Louise : J’ai une préférence pour le bourgeonnement qui annonce l’arrivée des beaux jours et le réveil de la forêt au début du printemps. 

 

Article réalisé par les élèves de 6e du collège François Mauriac de Saint-Symphorien dans le cadre de "Sciences en collège".