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Des ondes explorent les dessous de l'art

Les chercheurs du laboratoire bordelais IMS utilisent des ondes pour analyser les œuvres d'art. Ils voient ainsi sous leur surface les modifications et les détériorations qu'elles ont pu subir. Une nouvelle technique légère qui ouvre de nouvelles passerelles entre l'art et la science.

Que ce soit au laboratoire comme ici ou directement sur place, l'IMS perce les secrets des oeuvres d'art avant leur restauration

Ce sont des ondes jusqu'alors peu étudiées : les ondes térahertz sont à cheval entre deux fréquences d'ondes plus connues, les micro-ondes d'un côté et les ondes infra-rouges de l'autre.

Et justement, c'est cet entre-deux qui les rend intéressantes car elles partagent certaines propriétés de leurs deux limites. Elles ont la capacité des ondes optiques à être mises en forme et guidées précisément. Comme les ondes radios, elles peuvent avoir une interaction faible avec la matière, c'est à dire qu'elles la traversent lorsque la matière n'est pas conductive ou qu'elles reviennent vers le capteur dans l'autre cas.

 

 

Un pouvoir de pénétration qu'elles partagent avec les rayons X à une nuance près mais de taille : elles ne sont pas ionisantes, c'est à dire qu'elles n'endommagent pas la matière vivante.
« Sur des objets, sur du matériel archéologique, on y réfléchit à deux fois avant d'utiliser des rayons X parce qu'ils peuvent altérer d'éventuels restes organiques ou casser des traces d'ADN », souligne Patrick Mounaix, directeur de recherche du laboratoire IMS, qui travaille sur le sujet térahertz depuis une dizaine d'années.

 

Avec son équipe, il a conçu un appareillage destiné à faciliter l'utilisation des ondes térahertz à la fois dans l'industrie pour laquelle cette technologie est moins lourde et coûteuse que celle aux rayons X et, surtout, dans l'art. « Ce sont des outils assez complexes, il faut coupler l'information avec des spécialistes en art. Il existe deux laboratoires à Paris qui font la même chose que nous mais nous sommes les seuls à développer des systèmes portables avec lesquels on peut travailler sur des œuvres uniques qui ne sont pas transportables. »

 

Pigments, matériaux, épaisseur,... tout est détecté

 

Concrètement, les ondes traversent un tableau ou tout autre objet artistique (ou sont réfléchies lorsqu'elles sont appliquées sur un matériau conducteur). Un capteur, lui, analyse les fines modifications du signal afin de détecter en profondeur « comment a évolué l'oeuvre, les pigments utilisés, les matériaux, quels sont les défauts (on peut voir des défauts non détectés par les rayons X), l'épaisseur des peintures, de la couche de protection... »

 


Des données précieuses pour les restaurateurs mais aussi pour les experts car il est possible aussi pour un historien de l'art, en fonction de ces données, de repérer des falsifications. La portabilité de système permet aussi de l'utiliser aux archives : « Il est même possible de déchiffrer un document dont l'encre est altérée, en fonction des déformations du support. » De même, le laboratoire travaille actuellement sur des analyses de sceaux pour lesquels épargner l'ADN qui y sont souvent présents prend tout son sens. Et l'art n'a plus de secrets pour les ondes.