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Des archéologues auraient trouvé la trace d'un chaman dans une grotte basque du paléolithique

Des archéologues bordelais du laboratoire Pacea se sont penchés sur une des trouvailles les plus curieuses de ces dernières années : des dizaines de galets alignés dans une grotte basque. Après plusieurs années d'étude, ils pensent avoir découvert la présence d'un chaman.

De différentes formes et couleurs, les galets ont été retrouvés alignés dans un ordre logique qui laisse penser qu'ils faisaient partie d'un ensemble cohérent

Aurait-on retrouvé la garde-robe d'un chaman paléolithique ? Pour Francesco d'Errico, chercheur du laboratoire PACEA (UMR CNRS-Université de Bordeaux-MCC), sans aller aussi vite en besogne, ça fait partie des hypothèses avancées pour expliquer la découverte de dizaines de galets percés et alignés, rangés les uns à côté des autres souvent par ordre de taille, dans la grotte de Praileaitz au Pays-Basque espagnol, dans la vallée de Deba.

 

Une découverte fortuite réalisée par un archéologue espagnol, Xavier Penalver, lors de fouilles de sauvetage en 2001, alors que la cavité était menacée de destruction. Le caractère exceptionnel de cette trouvaille, datée d'il y a 15 000 ans, était l'étonnante quantité de matériel lithique par rapport à la taille de la grotte, trop petite pour avoir durablement servi d'habitation. L'analyse de tous ces éléments a donc été confiée à Francesco d'Errico. Il souligne que ces galets n'ont pas été ramassés dans la vallée où ils ont été trouvés : « Ils sont plus durs, plus résistants et ont des reflets métalliques qui ne correspondent pas » aux cailloux locaux. Incontestablement, et c'est pour cela qu'ils sont percés, ils servaient de pendentifs. Mais pourquoi étaient-ils alignés ?

 

Rideau de galets ou ornement d'un manteau

 

Une première hypothèse évoque une séparation de la grotte par un rideau où les galets étaient accrochés pour le maintenir en place. Mais le chercheur penche plutôt pour les ornements d'un gros manteau. Deux galets ronds placés à l'extrémité de l'alignement retrouvé dans la grotte ont le profil souhaité pour servir de boutons à un vêtement dont il ne peut rien rester d'autre, tout résidu organique ayant disparu avec le temps. En outre, les perforations montrent des traces d'usure, ce qui exclut un atelier de fabrication : ces galets ont été utilisés, portés.
Et comme leur perforation a nécessité une centaine d'heures de travail, leur propriétaire devait être quelqu'un d'important, la cape servant vraisemblablement en des circonstances précises : « Il ne la portait pas pour se déplacer, les galets pèsent plusieurs kilos. »

 

Et 3000 ans plus tard (-12 000), la grotte a de nouveau été utilisée pour une autre activité qui pose question, toujours en rapport avec des parures : des centaines de petits coquillages (des littorines essentiellement) ont été retrouvés, tous d'une taille inférieure à ce qui est utile pour servir de pendentif. On estime qu'il s'agissait d'un « atelier » de tri, les magdaléniens ayant ramassé ces coquillages sur la côte, à quatre kilomètres de là, pour ne garder que ceux qui leur convenaient.

 

Enfin, autre centre d'intérêt, la couche de stalagmite ayant été décapée dans le cadre des travaux avant destruction, on a pu découvrir sur le sol des centaines de gouttes de pigments qui ont servi aux quelques peintures simples sur les murs : rien d'exceptionnel sans doute mais impossible à étudier ailleurs, où il serait impensable de racler le sol dans une grotte paléolithique.