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De grandes toiles pour une si grande cause

Deux classes de 3e ont réalisé 10 immenses toiles de 2,20 m sur 1,50 m d’animaux par groupe de 5 à 6 élèves. Un travail, étalé sur environ six mois, pour donner corps à des animaux menacés de disparition tels que le python royal, le Maki, l’abeille, l’ours polaire…
Pénétrez dans les coulisses de nos ateliers et entrez dans la réalisation d’un projet artistique ayant pour objectif d’éveiller les consciences sur la disparition des espèces. 

De grandes toiles pour une si grande cause

Dossier réalisé par deux classes de 3e du collège Jean Monnet de Saint-Ciers-sur-Gironde avec l’aide de leur professeur Sandie Lannot (arts plastique),  Floriane Guiet (éducation musicale) et Fabien Lagrasse  (Sciences de la vie et de la terre​) et de la journaliste Marianne Peyri dans le cadre de « Sciences en collège » (Partenariat Cap Sciences - Conseil général de la Gironde).

 

Tout a commencé en choisissant un animal à partir d’une photo. Chacun, à partir de ce visuel, a réalisé une miniature, une esquisse au crayon à papier pour essayer de représenter l’animal choisi. « La difficulté n’était pas trop dans le dessin du contour général de l’animal mais davantage de réussir à intégrer des détails comme les taches du jaguar, les écailles du python, les poils de l’abeille… », témoigne Estelle l’une des élèves impliqués dans cette aventure artistique. Toutes les esquisses ont ensuite été comparées et la meilleure représentation a été choisie notamment en se basant sur un critère de verticalité du dessin, nécessaire pour dupliquer par la suite le dessin sur le support grand format. En parallèle, nous avons mené des recherches et recueilli des informations sur chacun de ces animaux : leurs noms scientifiques, leurs caractéristiques, les menaces qui pèsent sur son espèce, les causes de leur disparition…

 

Se confronter au grand format

Puis, nous avons commencé à dessiner sur des feuilles cartonnées, type Canson, d’un format de 2,20 m sur 1,50 m. Le premier travail a été de tracer les contours généraux de l’animal au crayon à papier, en mettant la feuille à plat sur six tables de classe rassemblées, « non sans gommer et recommencer plusieurs fois », glisse une autre élève Christina qui témoigne. « Autant on est assez habitué à dessiner sur un format de feuille type A4, autant sur un tel format de plus de 2 m, toute la difficulté est d’arriver à bien proportionner les différentes parties de l’animal à grande échelle. En fait, plus c’est grand, plus c’est dur à dessiner ». « Pour voir le résultat, on devait même monter sur des chaises pour avoir une vue d’ensemble », ajoute Léo.

 

 

 

 

Travailler à plusieurs mains

La réalisation de l’œuvre à plusieurs mains, 5 ou 6 élèves, n’a pas non toujours été un long fleuve tranquille, « avec certains qui avaient peur de mal dessiner et se mettaient en retrait, d’autres qui faisaient des taches, certains qui n’étaient pas d’accord sur les proportions à donner aux oreilles ou à telle ou telle partie de l’animal, de s’entendre aussi sur ce qu’est un « bon » trait… » liste Melvin.

Puis est venue l’étape de dessiner les détails, plus ou moins faciles selon les animaux. Ecailles du python, plumes du Ara, poils de l’abeille nous ont par exemple donner du fil à retordre. « Cela dit, quant au final, on a comparé avec notre modèle d’esquisse, c’était très ressemblant et on était assez fiers », confie Estelle.

Enfin, nous avons pris les pinceaux en utilisant de la peinture acrylique. « Le plus dur était d’arriver à trouver une couleur qui soit proche de la réalité, en faisant des mélanges et, du coup, avec la difficulté à la séance suivante de reproduire exactement la même couleur », constate Léo.

 

 

 

S'inspirer du maître

En pleine réalisation de ces œuvres, nous avons eu la chance de rencontrer le peintre animalier Thierry Bisch, vivant à Blaye et dont notre travail s’est inspiré. « Nous avons pu lui demander des conseils pour la peinture, savoir le type de support qu’il utilise comme des toiles de coton, comment il s’y prend, pourquoi il laisse toujours une partie non finie dans son tableau du contour de l’animal, ce choix du grand format pour frapper les esprits… » explique Marjorie. « Et aussi, nous avons appris qu’il ne mettait qu’une semaine pour faire un tableau. C’est court pour un si beau résultat » ajoute Mathilde.

Lors de la visite de son atelier, nous avons surtout été frappés par le réalisme de ses œuvres. « C’était magnifique. Face à ces tableaux grand format, on aurait dit qu’on pouvait toucher pour de vrai ces animaux représentés pour certains presque en taille réelle. On était aussi comme happés par leurs regards. On pouvait se plonger dans leurs yeux, qui reflètent le fait que ces animaux souffrent et semblent ainsi nous faire passer un message », se souvient Estelle. 

 

Maîtriser les pinceaux

D’un point de vue artistique, le fait d’avoir nous-mêmes entrepris de réaliser ce type de tableau grand format, nous a permis en tout cas de voir toute la difficulté que cela représente et de regarder ainsi le travail de Thierry Bisch d’un œil différent, en voyant davantage notamment ce que c’est que « d’avoir du talent ».  C’était aussi la première fois pour nous tous d’avoir l’occasion de s’essayer à la peinture grandeur nature, une belle expérience qui prend du temps et nous a plu d’autant que la thématique sur le réchauffement climatique et la disparition de certaines espèces animales nous touche.

Pour Mathilde, « de façon plus générale, ce projet nous a ouvert les yeux sur notre monde et sur le fait que nous sommes aussi responsables de ce qui se passe actuellement. Souvent, quand ce thème est abordé à la télé, on se dit : « Ok, bon, allez, ce n’est peut-être pas si grave et on ne sent pas responsable », mais là, avec ce projet, on comprend mieux l’ampleur du problème, que ce n’est pas juste un ou deux animaux touchés, mais des milliers. Je ne pensais pas qu’il y avait un tel danger ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Melvin Baillet, Estelle Herreyre, Mathilde Lavaud, Christina Burgaud, Marjorie Archambeau, Léo Torres, élèves de 3e du collège Jean Monnet de Saint-Ciers-sur-Gironde.