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Dans les anciennes mines des caldeiras du Cabo de Gata

Avez-vous déjà rêvé de trouver de l’or au détour d’un chemin de randonnée ? Le massif volcanique du Cabo de Gata a un long passé minier. Ses anciennes carrières renfermaient de l’or, mais aussi du plomb, du zinc et de l’argent.

Dans les anciennes mines des caldeiras du Cabo de Gata

Enfin arrivés au charmant et très pittoresque gîte El Saltador après 16h de route, nous sommes fatigués mais très heureux de commencer ce séjour géologique en Andalousie. Premier objectif du voyage, la découverte du massif volcanique du Cabo de Gata et de sa longue histoire minière présentée par Francisco Hernandez, géologue chez Repsol.

La formation du Cabo de Gata est constituée de deux caldeiras*, La Lomilla et Rodalquilar, que nous avons pu découvrir au cours de cette première journée sous un soleil éclatant ou plutôt de plomb. Nous avons pu y observer différents indices géologiques prouvant l’intérêt minier de la zone mais aussi son intérêt cinématographique puisque des scènes d’Indiana Jones et d’Exodus y ont été tournées.

Mais plus intéressant encore, l’histoire de la mine 340 !

Cette mine souterraine a d’abord été exploitée par les britanniques qui sont malheureusement repartis bredouilles. Les espagnols ont ensuite repris leur suite, et seulement 5 m plus loin, sont tombés nez à nez avec un fabuleux gisement aurifère. Alors qu’ils n’espéraient que 4g d’or par tonne de minerai extrait, ils ont découvert des formations où il y en avait 20 kg par tonne ! Sachant qu’une mine est rentable à partir de 0.1 g d’or par tonne de minerai extrait, cette concentration est plus qu’exceptionnelle !

Au total, 1.5 tonne d’or a été extraite de la mine 340, auriez-vous pensé en contemplant des volcans qu’ils pouvaient regorger d’une telle richesse ?

En effet, les caldeiras de La Lomilla et Rodalquilar se sont probablement crées lors « petits » effondrements successifs des dômes volcaniques du massif, entrainant alors la formation de brèches. Ces dernières sont des formations géologiques constituées de débris rocheux (morceaux de roches concassées) empilés, elles laissent donc facilement passer les fluides. La circulation de ces fluides ou circulation hydrothermale permet d’altérer les différentes roches et d’y créer de la porosité (des petits trous dans la roche). En circulant, les fluides se chargent en éléments minéraux présents dans les roches magmatiques tels que l’or ou le fer dans notre cas. En se dirigeant vers les profondeurs, les fluides commencent ensuite à se réchauffer, ils deviennent donc moins dense et commencent à remonter. En revenant vers la surface, la diminution de la pression va alors entrainer la précipitation des minéraux présent dans les fluides à l’intérieur de la porosité crée précédemment.

Ainsi, les parties qui ont été altérées par la circulation hydrothermale sont les plus à même de renfermer des métaux. Elles se matérialisent dans les couches géologiques du Cabo de Gata sous forme de veines ou de filons dans lesquels les fluides s’écoulaient préférentiellement. Ces « voies de circulation » sont facilement identifiables grâce à la couleur que les processus d’altération donnent à la roche : rouge lorsqu’il y a du fer dans la roche, noir pour le manganèse et vert pour le cuivre. A savoir que les roches ne renferment pas un seul type de métal. La photo de l’article présente un large filon qui se voit très bien grâce à sa couleur rouge et à ses bordures plus noires. Cependant, dans la réalité trouver des filons n’est pas toujours facile, cela nécessite un temps relativement long de recherche et de la patience – contrairement aux britanniques !

Malheureusement nos recherches de paillettes d’or autour de la mine 340 ont été infructueuses, mais nous sommes tout de même repartis satisfaits de cette première journée de découverte de la région.

 

* dépression due à l’effondrement d’un ou partie d’un volcan