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D’où vient le symbole du chrysanthème ?

Si vous êtes joueur, essayez donc d’offrir un chrysanthème à votre compagne : poilade assurée.

D’où vient le symbole du chrysanthème ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

Et pourtant, ce qu’elle ne sait pas (et que vous n’aurez sans doute pas le temps de lui expliquer avant de vous retrouver avec votre pot sur la tête), c’est que, jusqu’au XIXe siècle, cette fleur était le symbole de l’amour sans réserve, et ce depuis son introduction en Europe depuis l’Asie par Linné en 1770. L’aspect mortuaire n’est apparu qu’après la Première Guerre mondiale, lorsque le gouvernement proposa aux Français de fleurir les monuments aux morts chaque 11 novembre, date de l’armistice. Très rapidement, les veuves de guerre prirent l’habitude de fleurir aussi la tombe de leur mari avec des chrysanthèmes, la seule fleur qui ait un peu d’allure à cette période de l’année. On l’appelait alors « la fleur des veuves », surnom sympathique… Et c’est de façon assez logique qu’elle passa du 11 au 2 novembre, au point qu’aujourd’hui on ne peut plus l’offrir à qui que ce soit sans que la personne y décèle comme une intention…

 

Bien vu ailleurs

C’est donc l’histoire de son accession au statut mortuaire qui explique qu’il n’y a qu’en France et en Belgique – un peu aussi en Italie, en Espagne, en Pologne et en Hongrie – qu’il a une connotation négative. Ailleurs, il est plutôt bien vu, surtout en Asie. En Chine, il est associé à la longévité, et, au Japon, il est la fleur symbole de l’empereur, on ne rigole pas avec ça, et il existe un « jour du chrysanthème », où a lieu le festival de la joie. En Australie, c’est la plante que l’on offre pour la fête des mères. Si vous avez quelque chose à reprocher à votre maman, votre psy sera content…

Ce rôle de symbole de l’armistice de 1918 est désormais dévolu en France au bleuet et en Grande-Bretagne au coquelicot. Pour plusieurs raisons : d’abord parce que ces fleurs sauvages furent les premières à repousser sur les champs de bataille. Ensuite parce que les poilus étaient parfois surnommés les « bleuets » à cause de leur uniforme. Enfin, deux infirmières lancèrent en 1925 la campagne Bleuet de France afin de récolter des fonds pour les mutilés qui fabriquaient ces fleurs en tissu. Outre-Manche, le coquelicot (« poppy ») fait référence à un poème écrit par un soldat pendant la guerre. Il devint ensuite le symbole de la principale association d’anciens combattants. Bref, même quand ce n’est pas gai, on peut aussi le dire avec des fleurs.

 

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest. http://www.sudouest.fr/lemag/