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Comment se forment les embouteillages ?

Et voilà, on y est encore. Coincé dans les bouchons. À moins d’avoir eu une formation intensive chez un maître zen, ça énerve.

Bordeaux est classée parmi l'une des villes les plus embouteillées de France

FLÂNEUR DES SCIENCES

Et pourtant, c’est inévitable, avec l’augmentation constante du nombre de véhicules en circulation. Parce que c’est là l’une des principales sources d’embouteillages, dont l’étude emprunte pour beaucoup à la mécanique des fluides : comme dans un tuyau, on ne peut pas faire passer plus de véhicules que la capacité prévue. En gros, une autoroute peut accueillir 2 000 véhicules par voie et par heure. Plus, ça bouchonne. Et ajouter une voie ne change pas grand-chose puisque l’on a constaté que la voie de droite est généralement sous-utilisée. Autre source commune d’embouteillage : l’obstacle. À un péage, par exemple, ça bouchonne parce que les postes de péage laissent passer moins de véhicules à l’heure que des voies de circulation. Les voitures s’accumulent à cause de la différence de rythmes entre l’écoulement de la tête et l’arrivée des véhicules en queue. Le bouchon ne se résorbe que lorsqu’il arrive moins de véhicules à l’arrière qu’il n’en passe à l’avant. Même chose quand une voie est bloquée : la capacité de 4 000 véhicules passe à 2 000 et, au-delà de ce nombre, les voitures s’accumulent. Si la voie bloquée l’est pendant une heure, cela fera donc 2 000 véhicules dans un bouchon. Qui ne se résorbe pas mathématiquement en une heure lorsque la voie se libère, puisqu’il faut tenir compte du temps d’accélération, des différences de réaction des conducteurs...

 

Un bouchon fantôme

Là où ça devient compliqué, c’est lorsqu’il n’y a pas de raison apparente à un bouchon. Pas d’accident, de voie bloquée... C’est ce que les scientifiques appellent un « bouchon fantôme », qui ne survient que lorsque la circulation est dense. La raison échappe cette fois à la mécanique des fluides et prend en compte l’élément humain. Il suffit qu’une voiture, parce que son conducteur est légèrement distrait, décélère un peu, même de quelques kilomètres à l’heure. Celui qui le suit ne s’en aperçoit pas tout de suite mais finit par remarquer que la distance de sécurité s’est amenuisée.

Il décélère alors mais plus violemment que le premier. Le suivant accroît ce phénomène et ainsi de suite jusqu’à ce que, de manière presque exponentielle, au bout d’un certain nombre de conducteurs qui ont freiné plus fort que les précédents, on en arrive à l’arrêt. Il ne reste plus qu’à ronger son frein. Bien que, à l’arrêt, ça ne serve pas à grand-chose.

 

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

Photo credit : Raybay via photopin (license)