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Un chercheur passionné, un explorateur qui n’arrête jamais !

Jean-Philippe Beaulieu, éminent scientifique de l’Institut d’Astrophysique de Paris et chercheur au CNRS, professeur titulaire de la chaire d’astrophysique de l’université de Tasmanie, nous a parlé de lui : sa vie, son quotidien, ses passions. Il ne cesse jamais de chercher : chasseur de planètes mais aussi explorateur dans sa vie privée. Rencontre avec un personnage charismatique et cash.

 Jean-Philippe Beaulieu, éminent scientifique de l’Institut d’Astrophysique de Paris et chercheur au CNRS, professeur titulaire de la chaire d’astrophysique de l’université de Tasmanie.

« Dès l’âge de 9 ans, j’aimais observer la lune avec des jumelles, puis avec un petit télescope pour regarder les galaxies, les nébuleuses, les planètes… », nous dévoile Jean-Philippe Beaulieu, avec une voix captivante d’emblée. Ce scientifique, originaire de Jonzac, a su concrétiser sa vocation. Après une prépa math Sup à Camille Jullian à Bordeaux, il est parti à Paris pour faire des études d’ingénieur en traitement du signal et un DEA en astronomie à l'université. Une fois sa thèse défendue en 1995, il a ensuite rejoint un laboratoire aux Etats-Unis et en Hollande et, au bout de 3 ans, a obtenu un poste de chercheur au CNRS à l’Institut d’Astrophysique de Paris qui est depuis son camp de base.

 

Un quotidien intense

Son quotidien se partage aujourd’hui entre l’observation du ciel sur différents types de télescopes, la recherche de nouvelles planètes et des calculs mathématiques et physiques sur son ordinateur. Au final, nous avoue-t-il, il passe quand même beaucoup de temps dans ses bureaux. Jean-Philippe Beaulieu travaille beaucoup, il est passionné par son métier et il est très investi. « Être astrophysicien est génial mais ça demande beaucoup de temps et d’attention car on se retrouve en compétition avec d’autres chercheurs, on doit voyager beaucoup, travailler comme des fous pour un salaire modeste lorsqu’on est notamment en post doc », ajoute cet astrophysicien, qui aujourd’hui, choisit de « ralentir » son rythme de travail pour pouvoir s’occuper de sa fille, âgée de deux ans. « Le travail de groupe peut être aussi compliqué à gérer mais on trouve toujours une solution, des personnes sont prêtes à donner énormément pour un métier aussi passionnant que celui-ci »

 

 

Ses meilleurs souvenirs

Parmi les grands moments de sa carrière, Jean-Philippe Beaulieu nous replonge dans les années 1990. « Je travaillais dans la mesure d’expansion de l’Univers, plusieurs scientifiques se disputaient sur ces questions mais aucun ne trouvait le même résultat ! Pendant 20 ans ils se sont disputés, jusqu’à ce qu’avec un ami d’Harvard nous réussissions à démontrer que deux équipes de scientifiques se trompaient, on a fait le calcul un soir puis nous avons fait une application numérique « c’était un moment génial ! Un gros coup !». Autre moment fort : lorsqu’il a découvert une planète faisant 5 fois la masse de la Terre « cela fait plaisir, notamment de partager ces découvertes avec mes collèges ». Il ne cherche pas la célébrité médiatique, nous confesse-t-il; même s’il l’a déjà connue et préfère être reconnu surtout dans le milieu scientifique et dans des publications spécialisées. « En 2012 quand on a réussi à démontrer que chaque étoile de notre galaxie a au moins une planète : une découverte majeure, je n’apparais nulle part dans les médias, je laisse ma place aux jeunes ! »

 

Un spécialiste de l’art du Pacifique

Lorsque Jean-Philippe Beaulieu ne travaille pas, il étudie les civilisations du Pacifique pour comprendre leurs modes de vie. « Quand je finissais ma chasse aux planètes, je me rendais en Nouvelle-Guinée sur une île totalement paumée, sans électricité, ni bagnole. On est coupé du monde, on part à la pêche et on assiste à des cérémonies de magie, de contrôle de la météo… C’est un monde complètement différent et je me suis intéressé à ce que les gens produisissent dans ces rites en rassemblant des documents sur les cérémonies funéraires, les objets d’art… Le soir, chez moi, je prépare ainsi un livre sur les statues en Nouvelle-Guinée. Je ne dors pas beaucoup et je n’ai pas de télé. Ça, c’est une déformation du boulot. De par mon métier, quand on est fait un truc, on le fait à fond, on ne papillonne pas. Pour l’art du Pacifique, comme l’astronomie, c’est pareil, je le fais à fond ». De même, lors de dernières vacances, l’astrophysicien est parti au Chili, sur les traces d’une tribu indienne aujourd’hui exterminée de la Terre de feu. Un jour, il écrira un livre sur ses aventures fantastiques. 

Et quand on lui demande, quel est aujourd’hui son plus grand rêve ? Voici ce qu’il nous répond : « J’ai eu de la chance, j’ai réussi à atteindre mes objectifs, mais mon rêve actuel est qu’on arriver à lancer en 2028 le satellite Ariel sur lequel je travaille et que quand il soit là-haut, il fasse BIP-BIP et qu’il marche ». 

 

Chloé Leverd, Océane Banse, Antoine Gouillard, Justine Finet, Evan Gillard en 3e au collège de Cadaujac.