Votre version d'internet explorer est obsolette, veuillez mettre votre navigateur à jour pour accéder à ce site.

Mettre à jour

Cap’Archéo en Palestine ! – J4

J4 – Quitter Gaza ce matin n’a pas été facile, trop d’émotions à fleur de peau. Toute cette belle humanité, chaleureuse et souriante, rencontrée ici juste hier, me rends fière de leur avoir apporter un petit morceau du monde où il leur est interdit d’entrer… J’aurais aimé rester plus longtemps, mais les Science Days m’amènent ailleurs…
Aujourd’hui, cap sur Bethléem pour parler encore et toujours d’archéologie !

Cap’Archéo en Palestine ! – J4

En théorie, c’est simple : tout droit, direction nord-est. Dans la pratique, ça se complique… Surtout une fois arrivée à Bethléem où le chauffeur du taxi erre pendant une heure, perdu dans le dédale de rues – et de sens interdits- de la vieille ville. - « Don’t worry, I know another way », me dit-il pour me rassurer. Pas besoin, je suis déjà en mode ‘zen attitude’.

Ma première étape, l’Ecole Franco-Palestinienne Le Petit Prince. Les enfants ne sont pas encore rentrés de la piscine et j’ai le temps de discuter avec Jacques Neno, le directeur de l’établissement. - « Ce bâtiment a une longue histoire », m’explique-t-il. « On l’a vu se transformer : d’un centre culturel coréen il est devenu logement pour le Maire, pour finalement servir d’école de filles et de clinique médicale, jusqu’à son abandon. Sa réhabilitation est en grande partie l’œuvre des habitants du quartier, profondément investis dans ce projet d’école laïque et multiculturelle. » Leur devise : construire des ponts entre les gens et les générations, indifférents aux différences. J’adhère ! C’est d’ailleurs l’atmosphère que je respire en rencontrant les écoliers : filles et garçons, d’ici et d’ailleurs, qui m’accueillent enthousiastes dans leurs uniformes bleus. - « Maître François nous a dit qu’on va faire de la poterie », m’annonce Chaïma. - « Et bien, on va plutôt l’étudier à la façon d’un céramologue », je précise « c’est le spécialiste des poteries anciennes »… et l’animation démarre. Quel bonheur de leur expliquer le remontage des céramiques en français ! Mais, hélas ! Encore une fois, le temps à ma disposition est limité.

C’est la fin des cours, les parents attendent déjà les enfants devant le portail. Une image de normalité. De mon côté, le sac à dos bien attaché, je dévale les rues de Bethléem, en direction de l’Alliance Française. Ma préoccupation, ne pas faire tomber ma ‘mallette pédagogique de secours’.

A l’AF, c’est un groupe d’adultes qui m’attend. Déjà guides touristiques de la ville, ils voudraient obtenir le même permis en français. C’est l’occasion d’aborder d’autres aspects de l’archéologie, les liens avec l’histoire, l’importance du patrimoine archéologique, son rôle dans la construction de l’identité d’une population… mais aussi les mots techniques, parfois compliqués, de cette discipline. De quoi déclencher quelques rigolades à cause des équivoques de la langue. Un très bon moment, ça fait du bien.

La nuit tombée, je remonte dans l’énième taxi de la semaine… Demain, je recommence de Jérusalem.

 

Manuela Simula
Médiatrice scientifique
@fuori_dalgruppo