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Cap’Archéo en Palestine ! – J3

J3 – Le soleil se lève tôt ici à Jérusalem. Je repense à mon arrivée rocambolesque en Palestine et l’inquiétude pour la mallette du Lab’archéomobile égarée refait vite surface. Vingt-quatre heures, et toujours pas de nouvelles de la mallette, mon outil de médiation… Serait-elle déjà en route vers Gaza ?

L'Institut Français à Gaza

- « Gaza ? Tu vas à Gaza ? » Me demande-t-on, le regard ébahi.
- « Euh… oui, c’est pour les Scienc… »
- « Gaza, de la Bande de Gaza ? »
- « Y en a-t-il d’autres ? »
- « Et tu n’as pas peur ? »
- « …….. »

Et bien non, je ne suis pas téméraire, je ne suis pas insouciante, et pourtant ce voyage ne me fait pas peur. J’ai envie de voir, envie de partager, envie d’apprendre…. Qu’est-ce que la médiation des sciences peut apporter à un pays en guerre ?

La réflexion commence au départ de Jérusalem. Livio et Leïla, avec qui je partage le taxi, sont parmi les inspirateurs des Sciences Days. Avec leur association, l’Atelier des jours à venir, ils interviennent ici depuis 2009. Gaza, ils connaissent. Ainsi, le passage dans la casemate d’Erez ne les impressionne guère.

« Comment prononcez-vous votre prénom ? Comment s’appelle votre père ? Et votre grand-père ? Que faites-vous à Gaza ? Combien de temps comptez-vous y rester ? Avez-vous une arme ?… ». D’abord les questions, ensuite le cachet israélien sur le passeport. Bizarrement, personne ne me demande d’ouvrir mes bagages. « C’est normal –m’explique Livio- la fouille, c’est pour le retour ».

Je traverse tant bien que mal une étroite porte à tourniquet, mais mon sac de poteries se déchire – de quoi me faciliter la tâche ! C’est en récupérant les tessons que je me dis que finalement, ce laboratoire improvisé n’est pas si mal, la mallette ne serait jamais passée par là. De l’autre côté de ces barres, le no man’s land commence…

1km de marche dans un tunnel stérile, complètement fermé par des grilles et du barbelé. Nous avançons en silence au milieu d’un paysage de désolation, la chaleur et le poids de nos sacs ne sont qu’un détail.

L’entrée officielle dans la Bande de Gaza se fait en voiture blindée. Encore deux postes de contrôles à passer et nous rejoignons le Centre culturel de la Qattan Foundation pour la cérémonie d’ouverture des Sciences Days.

Rires, chants, applaudissements… tout le monde s’agite autour du spectacle des enfants sur le système solaire. Puis, c’est aux plus âgés de présenter leurs expériences scientifiques.

Nos ateliers arrivent en suivant et j’en suis ravie ! L’archéologie, au moins, je maîtrise. Les enfants peuvent maintenant s’exercer à l’analyse des céramiques et même en reproduire les formes. Une heure plus tard, ils posent avec leurs créations… Difficile de leur expliquer qu’ils ne pourront pas les garder. D’autres enfants m’attendent dans le tout nouvel Institut Français, impatients de partager la même expérience, et avec eux des journalistes locaux. Encore une fois, l’archéologie cartonne.

Il est 16h30 et je sens la fatigue de cette longue journée m’envahir. Depuis la terrasse de l’Institut Français, j’admire le coucher du soleil sur les toits de Gaza… le calme trompeur d’une ville blessée.

 

Manuela Simula
Médiatrice scientifique

@fuori_dalgruppo