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Balade "Les cycles de la vigne" 3/5 : La vigne contient la ville

La vigne contient la ville

SCIENCES EN BALADE :
MERIGNAC / PESSAC
Partez à la découverte des villes avec "l
es Cycles de la vigne"

C’est une exception en France : nulle part ailleurs la culture de la vigne a aussi bien résisté à l’urbanisation qu’à Bordeaux.

Dans l’aire urbaine au sens large (1), 43,3% des vignes sont situés à moins de 100 mètres du bâti, chiffre qui  passe à 54% dans l’appellation Pessac-Léognan. Ces 41.000 hectares “périurbanisés” ne sont toutefois que les miettes d’un vignoble moyenâgeux qui s’étendait à toutes les entrées de la ville. Mais ici, contrairement à d’autres villes à vocation vinicole, si le chemin de fer a permis de planter plus loin, le siècle qui a suivi son avènement n’a pas vu l’éradication de la vigne. Simple calcul économique, estime Valérie Kociemba, géographe dont les  recherches ont porté sur “l’identité des territoires viti-vinicoles” : “Bordeaux a toujours été tourné vers le négoce et les marchés extérieurs, on n’est pas ici sur un vin de consommation courante. Au XIXe siècle, ce n’était pas un vignoble de paysans mais un vignoble de négociants.” Lesquels ont suffisamment de moyens financiers pour faire pièce à la pression urbaine qui s’impose partout ailleurs.
 

Symbole d’une ville post-industrielle
 

C’est cette richesse qui continue aujourd’hui à maintenir la vigne dans des secteurs urbanisés depuis un siècle à Pessac et Mérignac. Parce que les exploitations sont rentables et que “la résistance de la vigne est proportionnelle à la qualité du vin ici comptabilisée en terme de prix”.
Dans cette optique, la création de l’AOC pessac-léognan en 1987, qui se détache alors des graves pour rassembler les premiers crus mais aussi les plus proches de l’aire urbaine, est un coup de maître.
A cette époque, le bâti a presque fini de grignoter les dernières parcelles : “L’AOC pessac-léognan a démontré la volonté de maintenir le vignoble le plus attaqué par la ville.” C’est un tournant qui sanctuarise les 600 ha encore existant à l’époque et leur donne de l’air : en 2009, l’appellation s’étendait sur 1.435 ha.

Désormais, même si l’aspect financier demeure primordial, il se double d’autres enjeux, en particulier en termes de communication. Bordeaux peut ainsi développer une image de “Capitale du bien vivre”. De nombreuses communes font de même et mettent en avant leurs derniers arpents. Comme pour la plantation de 1.400 pieds à l’aéroport de Bordeaux dont les vendanges constituent un événement mondain.

Et, dans l’optique d’une ville postindustrielle, “la nature est un élément de plein droit”, devenue zone de loisirs et de détente. Même si cette nature est éminemment domestiquée et suscite des incompréhensions de la part d’urbains qui ont payé plus cher leur maison pour avoir vue sur les champs et ne comprennent pas que cela s’accompagne de nuisances, notamment sonores. À Pessac, un arrêté municipal interdit le sulfatage en période de baccalauréat  pour protéger les bachoteurs.

(1) Considérée comme les limites du Sysdau, qui correspond à 93 communes pour 870 000 habitants (dont 28 communes pour la Communauté urbaine de Bordeaux)

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