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Quelles récoltes avec le réchauffement climatique ?

Il n’est plus temps de biaiser : le réchauffement climatique a déjà un impact sur les récoltes dans la région. Depuis vingt ans, la date de maturation des raisins a été avancée de quinze jours en moyenne. D’ici à la fin du siècle, la date des vendanges pourrait être avancée de quarante jours.

C’est le plus spectaculaire, mais, depuis une quarantaine d’années, la floraison des fruitiers est plus précoce d’une semaine en moyenne pour les pommiers et de dix jours pour les poiriers et les cerisiers. Et ça ne va pas s’arranger.

Certes, on peut se dire que, si ce n’est qu’un décalage, on pourra avoir des fraises dès le mois de mars, mais ce n’est pas si simple. Parce que les plantes vivaces ont besoin de froid pour préparer leur éveil printanier et que, comme les hivers sont plus doux, elles ont besoin en moyenne de trois à cinq jours de froid en plus pour partir du bon pied. Résultat : des anomalies physiologiques des bourgeons consécutives au manque de préparation du bourgeonnement entraîneront une baisse de la production. Et un manque de synchronisation dans les concordances de pollinisation accroîtra ce phénomène. Pour finir ce joyeux tableau, même si le réchauffement adoucit globalement les hivers, les saisons demeurent : un bourgeonnement plus précoce expose les fruitiers à davantage de gelées tardives.

 

Réduire les gaz

 

Autre conséquence du changement, la pluviométrie devrait diminuer de 25 %, entraînant un déficit en eau. Le maïs, dont plus de 50 % est irrigué et qui représente 20 % de la surface agricole aquitaine, a de gros soucis à se faire, d’autant qu’il ne doit pas souffrir de stress hydrique durant sa floraison (juillet-août, les mois les plus secs). Déjà, de 2003 à 2006, ses besoins en eau ont augmenté de 30 %. Autant dire que ce n’est plus une plante d’avenir. La vigne aime bien un minimum de sécheresse, mais point trop n’en faut, d’autant que de fortes températures peuvent produire des vins trop alcoolisés et insuffisamment acides. Inversement, le tournesol, culture de printemps non irriguée, pourrait être une alternative valable.

Quant à l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère, certaines plantes pourraient même en tirer partie, puisqu’elles en ont besoin pour la photosynthèse et qu’un peu plus de CO2 diminuera leurs besoins en eau. C’est le cas notamment du blé tendre. Globalement, c’est sur ces gaz à effet de serre que l’agriculture a un rôle à jouer : dans la région, elle est responsable de 20 % des rejets, essentiellement à cause des engrais mais aussi du méthane produit par les vaches. En diminuant fortement ces sources de gaz nocifs, elle deviendrait un puits à carbone grâce à une production de plantes qui l’absorbent lors de leur croissance. Encore faut-il s’y préparer fissa.

 

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest. http://www.sudouest.fr/lemag/

photo credit: IMG_5260 via photopin (license)