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Pourquoi prend-on un coup de jus quand on fait la bise ?

Allez… on se fait la bise ! Et paf ! on se prend une décharge électrique qui gâche un peu le plaisir. Pas la peine d’en faire un plat, ça n’a rien à voir avec le coup de foudre. C’est tout simplement l’électricité statique qui profite sournoisement du rapprochement des corps pour s’évacuer en douce en passant par la personne qu’on embrasse.

C’est désagréable, mais quand même mieux qu’une maladie honteuse. Ces charges électriques sont dites statiques parce qu’elles sont « immobiles » à la surface des corps, par opposition à celles que l’on utilise dans le courant électrique et qui se déplacent. Il faut se  pencher de très près sur les atomes pour comprendre ce qui se passe : ils sont composés d’un noyau (positif ) autour duquel tournent des électrons (négatif).

 

Une petite décharge

 


En théorie, charges positives et négatives sont égales et s’annulent. Mais il suffit d’un contact de ces atomes avec ceux d’un autre corps pour que quelques électrons s’échappent en surface et filent sur l’autre corps quand on les sépare.  C’est encore plus évident lorsqu’on les frotte et qu’on les sépare brusquement. Résultat : les corps concernés perdent  leur équilibre, l’un sera chargé positivement et l’autre négativement en surface. C’est l’électricité statique. Si on les  rapproche, ils chercheront à tout prix à se rééquilibrer, en se refilant les électrons en trop pour l’un, en reprenant ses électrons pour l’autre, créant ainsi un petit courant électrique.

Tous les matériaux n’ont pas la même propension à se charger électriquement et à accumuler l’électricité statique : tous n’ont pas le même potentiel triboélectrique (1). Ainsi donc, parmi ceux qui ont le plus tendance à se charger positivement, on trouve la fourrure de lapin, le cuir, le verre, mais aussi et surtout la peau humaine. Inversement, ceux qui se chargent négativement sont en grande partie les matières synthétiques et plastiques. Et nous revoilà en train de tendre la joue pour faire un bisou : si peu que l’on soit habillé de matières synthétiques qui frottent sur la peau et que l’on ait des semelles isolantes qui empêchent le courant de s’écouler vers la terre, on est bourré de charges électriques qui ne demandent qu’à partir. Un bisou et le courant passe chez l’autre, créant une petite décharge. Le phénomène se produit surtout lorsque l’atmosphère est sèche, puisque l’humidité, en recouvrant tout d’une pellicule d’eau, permet, grâce à ce matériau conducteur, d’évacuer les charges au fur et à mesure, sans qu’on le remarque. Si l’on trouve que prendre une pigne à chaque bise est désagréable, ce n’est rien à côté de certains problèmes industriels. En effet, l’électricité statique, à forte dose, crée des étincelles lorsqu’elle se décharge et, dans certains milieux remplis de produits instables, cela peut provoquer une explosion. Comme le coup de foudre, en somme.

(1) Triboélectricité : électricité produite par le frottement de deux corps tels que l’un se charge positivement, l’autre négativement (déf. Larousse).

 

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest. http://www.sudouest.fr/lemag/

Photo credit: Lightning 1 via photopin (license)