Votre version d'internet explorer est obsolette, veuillez mettre votre navigateur à jour pour accéder à ce site.

Mettre à jour

Réchauffement climatique : doit-on changer nos cépages bordelais ?

Quand on parle du réchauffement climatique et de viticulture, on imagine remplacer rapidement notre bon vieux merlot par la syrah et le mourvèdre. Si cela n’est plus de la science-fiction, c’est encore de l’anticipation même si les vignerons y sont attentifs.

A l’Institut des sciences de la vigne et du vin (ISVV), une parcelle expérimentale de 52 cépages a justement créé dès 2009 sur un demi-hectare, dont Agnès Destrac-Irvine ingénieur à l’Inra-Bordeaux est responsable dans le cadre du projet Vitadapt.
De l’agiorgitiko grec au saperavi géorgien en passant par le morrastel noir de la Rioja, elle rassemble toutes les données sur leur évolution, le cycle de la vigne, la maturation, le rendement, la composition des baies, le comportement hydrique... Une base de données très précieuse pour les professionnels si le recours à de nouveaux cépages se pose à eux.
D’ici là bien d’autres stratégies d’adaptation peuvent être menées. Ralentir voire repousser la maturation est bien le principal enjeu car quand nos cépages mûrissent sous des températures trop élevées, ils sont plus sucrés, contiennent moins d’acides si importants pour la vinification et sont moins aromatiques. Inimaginable pour des bordeaux réputés grâce à leur fraîcheur et leur expression aromatique.

 

Parier sur la variabilité des cépages

Sans changer de cépages, on peut agir au sein de la variété du cépage elle-même. Chaque cépage possède une grande variabilité génétique naturelle : au sein d’un même cépage, on peut choisir tel ou tel type de plant cultivé pour telle ou telle adaptation. « Avec les changements climatiques, il est judicieux de regarder de près cette diversité. La chambre d’agriculture de la Gironde travaille d’ailleurs sur cette sélection pour le merlot ».
Une bonne stratégie pour conserver ce cépage précoce, très majoritaire dans les assemblages, qui sera le premier à être touché. La maturation pourrait alors reculer de sept à dix jours !

Les autres solutions relèvent de la conduite de la vigne : « En plantant nord-est/sud-ouest et non plus nord/sud, les conditions d’ensoleillement seront plus faibles. De même, si le port de la vigne est aujourd’hui droit en bordeaux, on peut imaginer un port plus retombant ». A l’échelle des propriétés, les parcelles qui avaient été exclues pour leur exposition, leur humidité,… sont revisitées.
Depuis le new french clairet, la notoriété du bordeaux s’est maintenue grâce à une adaptation continue au sein de son terroir. Cela n’est pas prêt de s’arrêter.

 

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest. http://www.sudouest.fr/lemag/

Crédit photo : Bill Williams

 

Alexandre Marsat

Voir son profil