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De l'eau sale à l'eau propre

A Bordeaux, les collecteurs d'eaux usées reçoivent également les eaux de pluie

Sitôt utilisée, sitôt jetée, l'eau est évacuée vers des stations d'épuration. Qui utilisent des processus mécaniques et biologiques pour purifier l'eau.


Épurer les eaux usées est une question de temps : il faut attendre que des phénomènes naturels, un peu poussés par la chimie, fassent leurs effets pour pouvoir rejeter une eau qui, règlementairement, est considérée comme propre. Lorsque l'eau usée parvient à une station par les conduits d'évacuation, elle est d'abord filtrée pour enlever les plus gros résidus. C'est le « dégrillage » par lequel le liquide douteux passe au travers de deux ou trois étages de grilles de plus en plus fines pour retenir les plus grosses matières qui seront directement acheminées dans le réseau des ordures ménagères. Vient ensuite la deuxième phase de pré-traitement : le dessablage-dégraissage. Là, on utilise simplement les effets de la densité : on laisse reposer l'eau dans d'immenses cuves et les matières les plus lourdes (le « sable ») tombent au fond alors que les graisses, très présentes dans les eaux utilisées pour le lavage et moins denses que l'eau, remontent vers la surface. Il suffit alors de soutirer ce qui est tombé et d'écrémer ce qui flotte pour progresser dans l'épuration.

Vient enfin le traitement proprement dit. L'eau est envoyée dans des bacs de décantation où elle ruisselle sur des membranes plastiques. En ajoutant du chlorure ferrique et des polymères, on essaie de faire coaguler les matières en suspension. Là encore, comme pour le désablage, l'objectif est d'obtenir une floculation suffisante pour que ces petites particules agglomérées en constituent des plus grosses qui tomberont vers le fond pour être éliminées. A ce stade, l'eau est clarifiée mais contient encore de l'azote, des carbones et du phosphore dont la réglementation impose l'élimination. Vient alors la filtration dite « biologique » en ce sens où on laisse la biologie à l’œuvre en l'aidant : l'eau va dans de nouvelles cuves dans lesquelles on a placé des billes d'argile qui serviront de support aux bactéries. Ce sont elles qui, placées dans des conditions de températures idéales, « mangent » les trois dernières matières qui doivent être éliminées. Ceci fait, l'eau est rejetée dans le milieu naturel.

Toutefois, ce modèle d'épuration en vigueur dans la plupart des grandes villes n'est pas universel. Dans les petites communes, après un dégrillage et éventuellement un  désablage-dégraissage, l'eau est acheminée dans des marécages artificiels où elle est épurée par des plantes, essentiellement des roseaux, très efficaces dans l'absorption et la transformation naturelle des pollutions. Tellement même que des études envisagent de créer ces Zones Humides Artificielles (ZHART) à la sortie des grandes stations d'épuration pour éliminer les micro-polluants. Le principal obstacle restant celui de la place à trouver, la surface pour ces plantations étant rare en ville.