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L'éternelle construction du réseau

Les tuyaux d'aduction d'eau, en fonte grise, sont présents partout sous la ville (copyright, Agence APPA pour Lyonnaise des Eaux)

Construit peu à peu, le réseau achemine l'eau des sources vers les maisons. Des milliers de kilomètres de tuyaux où l'eau attend le moment où l'on ouvrira le robinet


Il est 7 heures, un lundi matin. Des dizaines de milliers de personnes se préparent à une journée de travail. Elles sont sous la douche, 30 litres d'eau minimum par personne. Et ce n'est pourtant pas le moment de se demander comment tant de personnes peuvent consommer autant d'eau en même temps. Alors qu'il a fallu une centaine d'années de construction de réseau pour y parvenir. Dans une grande ville comme Bordeaux, les deux aqueducs qui alimentent la ville datent de Napoléon III. Avec d'autres tuyaux plus modernes, ils acheminent gravitairement l'eau prise dans des sources qui coulent à quelques dizaines de kilomètres de l'agglomération : l'eau est injectée dans les aqueducs qui la descendent lentement mais sûrement vers son lieu de consommation sous la seule force de la gravitation. A l'époque de leur construction, ils approvisionnaient des fontaines publiques où l'eau coulait sans discontinuer. L'invention du robinet, presque concomitante à celle de la pompe à vapeur, allait tout changer à la fin du 19ème siècle.

A partir du moment où l'on a pu couper l'arrivée d'eau, on a pu la faire entrer dans les maisons et la pompe à vapeur a permis de lui donner suffisamment de pression pour l'acheminer dans les étages, là où seuls les rez-de-chaussée pouvaient en bénéficier. C'est à ce moment là que le réseau a pu se bâtir, sur le modèle de la circulation du sang dans le corps : les plus gros tuyaux d'acheminement (1 400 mm de diamètre) apportent le liquide vers des réservoirs d'où l'eau est pompée pour aller vers des tuyaux de plus en plus petits (jusqu'à 100 mm pour les petites rues) sur lesquels sont branchés les compteurs individuels.
A tout moment, l'eau est présente dans l'ensemble des tuyaux et celle qui arrive, propulsée par les pompes, « pousse » celle qui est déjà là pour lui donner la pression nécessaire. Même pendant les pics de consommation qui dépassent la quantité produite par les sources, l'eau ne manque pas : pendant les heures creuses, tout ce qui n'est pas consommé est acheminé vers d'autres réservoirs (châteaux d'eau ou réservoirs au sol disséminés dans la ville) qui fourniront le complément nécessaire pendant les heures de pointes. Et pas question de recourir à de l'eau venue d'autres fournisseurs : chaque fournisseur gère ses sources et ses réseaux qui ne sont pas interconnectés.

Plusieurs fois au cours de ce parcours, l'eau est traitée : à la source mais aussi, après près de deux jours de parcours pour les quarante kilomètres du trajet le plus long, à l'arrivée, dans les réservoirs principaux d'où elle sera répartie dans le réseau. On l'enrichit en tartre : parce que l'eau de source agresserait les tuyaux et se chargerait en métal, on lui adjoint du calcaire qui protège les tuyaux en se déposant sur leur paroi. On y ajoute aussi du chlore gazeux qui se dissout dans l'eau. Sujet à polémique sur le goût de l'eau, le chlore est un bon indicateur de sa potabilité. Comme il se dissout au contact des impuretés, si l'eau a goût de chlore, c'est qu'elle contient peu de bactéries qui auraient eu pour effet de le dégrader.