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L'inquiétant avenir de la Garonne

En 2050, l'étiage de la Garonne sera beaucoup plus long et plus fort. Va-t-on manquer d'eau ?

L'Agence Adour-Garonne a coordonné une étude sur l'avenir du débit de la Garonne. En poussant à leur terme des scénarii prédictifs et en tirant leurs conséquences.


C'est dans 35 ans, c'est demain mais c'est un autre monde : en 2050, les températures moyennes auront augmenté de 1,5 à 2,8° dans le sud-ouest, entraînant notamment une baisse de l'enneigement pyrénéen et donc une absence de fonte des glaces au printemps, davantage d'évaporation d'eau, des précipitations générales en chute de 0 à 15% selon les endroits... globalement, un étiage plus précoce, plus sévère et plus long de la Garonne. Un tableau que beaucoup s'accordent à trouver réaliste et qui a conduit l'Agence de l'eau Adour-Garonne a prendre les devants pour ne pas se retrouver le bec dans l'eau d'ici là.
Elle a donc réuni pendant deux ans tous ceux qui ont un intérêt, direct ou pas, dans la gestion du cours du fleuve pour plancher sur les conséquences possibles de cette baisse de 20 à 40% des débits d'eau et, surtout, envisager des politiques pour y pallier. En se basant sur cinq scénarii possibles qui, tous, se fondent sur les évolutions tendancielles actuelles en matière de démographie et d'usage des eaux domestiques ou agricoles. Les cinq possibilités étaient :
1- continuer comme maintenant
2- tendance au stockage en créant de nouveaux barrages
3- scénario de sobriété passant par une prise de conscience de la situation et la poursuite de la crise économique qui entraîne une baisse de la demande en eau et en énergie
4- gestion localisée des cours d'eau sans solidarité des bassins entre eux
5- scénario libéral qui déréglementerait l'accès à la ressource.

L'idée était de dévider la pelote du raisonnement et de voir quelles conséquences ultimes le scénario choisi pourrait avoir. Et les résultats ne sont pas encourageant : le premier scénario prévoit un manque de 156 millions de mètres cubes par an, le deuxième de 148 millions, la quatrième de 150 millions et le cinquième de 142 millions. Seul le troisième (sobriété) présente un manque de « seulement » 17,5 millions de mètres cubes.
A partir de là, des préconisations ont été émises qui, toutes, vont dans le sens d'une gestion plus efficace et plus économe de l'eau, d'une amélioration des rendements des réseaux et de l'efficacité de l'utilisation agricole de la ressource. Plus précisément, l'Agence et la quarantaine de participants à l'étude ont retenu qu'il faudrait créer de nouvelles réserves, des sites de stockage hivernal, mais également s'appuyer sur des ressources non conventionnelles en réutilisant les eaux pluviales et usées ou en pompant plus profondément.

En outre, elle conseille de gérer la ressource dans le sens de l'intérêt général en rejetant toute appropriation par de petites infrastructures locales ; ou encore d'optimiser des réserves amoindries en restaurant la qualité des eaux et en améliorant la prévention des pollutions. Très génériques, ces propositions ont au moins le mérite de s'appuyer sur des scénarios qui, tout en étant volontairement caricaturaux, défrichent un avenir où l'eau sera une lutte quotidienne.