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Le baiser ne plaît pas à tout le monde

Ah nous étions si sûrs, fiers et vantards de notre cher french kiss. Il aura fallu que quelques scientifiques viennent faire éclater au grand jour, à coup d’enquêtes et de statistiques, ce que l’on pouvait deviner. On ne voulait pas se l’avouer mais à cause d’eux, on ne pourra plus dire que l’on ne sait pas. Le baiser n’est pas universel !

Il y a même pas mal de peuples que cela dégoute en fait. Selon une étude publiée en ce mois de juillet 2015 dans la revue scientifique American anthropologist, le baiser dit « romantique-sexuel » n’est pas pratiqué par plus de la moitié des cultures. Pour parvenir à ces résultats, les anthropologues de l’université du Nevada ont analysé méthodiquement 168 cultures dans toutes les aires géographiques du monde. Si le chiffre de 90% était auparavant avancé concernant ce baiser, il est bel et bien erroné et correspond à un ethnocentrisme occidental. Il est présent dans seulement 77 cultures étudiées, soit tout juste 46%.



Pire, pour celles et ceux qui veulent s’embrasser pour ressentir le frisson si bien détaillé par les poètes, l’objectif réel du baiser est bien moins romantique.
Accrochez-vous, je ne suis pas sûr que vous verrez le prochain contact des lèvres de la même manière. Une précédente étude est en effet rappelée par Pierre Barthélémy de www.lemonde.fr : « il pourrait s'agir, au choix, d'un moyen d'évaluer la santé du ou de la partenaire, ses qualités génétiques ou immunitaires (notamment pour estimer le risque de consanguinité) ou, dans le cas des dames que l'on bécote, de deviner dans quelle phase de leur cycle menstruel elles se trouvent... »
C’est tellement bucolique… Merci les scientifiques. Ils auront mis fin aux émois des premiers rapprochements sur le sable chaud...

Pour une fois, je préfère me souvenir des cours de français et la tirade de Cyrano, sous le balcon de Roxane :
« Baiser. Le mot est doux !
Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose;
S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?
Ne vous en faites pas un épouvantement :
N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,
Quitté le badinage et glissé sans alarmes
Du sourire au soupir, et du soupir aux larmes !
Glissez encore un peu d'insensible façon :
Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson ! »

 

Crédits photo : Alejandra Quiroz