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Hermione : comment le trois-mâts traverse l'Atlantique ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

Direction les Etats-Unis pour l'Hermione depuis ce samedi 18 avril 2015. Les images de la frégate avançant délicatement sur la Charente, et mouillant autour de l'île d'Aix ont fait le tour du monde. Une sortie au ralenti pour le bonheur des badauds.

Une affaire de vitesse, difficile à maîtriser pour les marins. Là où un aéronef est confronté à un seul élément (l’air), le bateau est en plus confronté à son premier milieu, l’eau et son courant. Ne pouvant manœuvrer un bateau qu’à partir du moment où il a de la vitesse, les hommes ont cherché à capter, depuis plusieurs millénaires, la force du vent avec des voiles pour affronter la masse d’eau.

Pour autant, considérer l’eau uniquement comme un obstacle serait une erreur. Au sommet des vagues, sur leurs crêtes, les particules d’eau se déplacent à une vitesse 2,5 fois plus élevée. Une accélération dont profitent les navires, comme les surfeurs...

Un voilier n’a pas vraiment de vitesse prévisible, tant les facteurs sont nombreux. Mais la coque est un élément considérable : plus elle est longue, plus le navire pourra avoir une vitesse maximum -théorique- élevée.

Pirogues océaniennes, jonques asiatiques, voiles carguées d’Akhenaton, galères quinquérèmes armées de catapultes par Alexandre le Grand, bateaux vikings à voile rectangulaire… toutes ces embarcations précèdent la création des trois-mâts que l’on admire aujourd’hui. Devant partir pour de longs voyages en haute mer, les deux ou trois-mâts (parfois 5) des galions espagnols, caravelles portugaises ou autres flûtes hollandaises du XVIe siècle permettaient de bénéficier d’une grande surface de voiles pour faire avancer les 20-30 mètres des navires et leur important tonnage.

 

Longue coque pour « L’Hermione »

 

Chargement, armement, vitesse et maniabilité font alors le succès des trois-mâts. C’est ainsi que « L’Hermione » va voir le jour. Cette frégate de 66 mètres peut accueillir plus de 300 hommes, et sa vitesse la qualifie pour que La Fayette parte en avant-garde annoncer au général Washington l’arrivée des renforts français en Amérique. En seulement 38 jours, les 1500 mètres carrés de voiles de l’Hermione l’amènent de Rochefort à Boston. Ironie de l’histoire, c’est sur cette côte est-américaine que ce type de frégate sera supplanté par les clippers. Derniers trois-mâts historiques du XIXe siècle, ils ont été conçus pour aller le plus vite possible grâce une coque longue et une surface de toile maximisée. Mais ils ne pourront rien contre l’arrivée des bateaux à vapeur. La roue tourne…

 

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

Photo credit: Ranulf 1214 via photopin cc

Alexandre Marsat

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