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Pourquoi l’eau de mer est-elle salée ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

Non, ce n’est pas vraiment parce que les morues y nagent que la mer est salée. En fait, c’est une histoire d’ions qui explique cette histoire d’eau. Revenons en arrière.

Très loin, quasiment au moment de la création de la Terre, voici 3,5 milliards d’années. À l’époque, l’ambiance est un peu tendue : des volcans partout qui libèrent une quantité phénoménale de gaz, dont notamment du dioxyde de carbone et du dioxyde de soufre. Quelques centaines de millions d’années plus tard, l’atmosphère se refroidit et l’eau vaporisée se condense pour tomber en pluie. Mais des pluies très acides, le dioxyde de carbone se combinant à l’eau pour produire des ions  carbonates, et celui de soufre, des ions sulfates. L’effet de ces pluies acides sur les roches terrestres est radical : elles les « dissolvent » en leur arrachant d’autres ions, des ions chlorures essentiellement.

 

 

Concentration

 


On connaît le circuit de l’eau de pluie : elle ruisselle, se retrouve dans les rivières qui se jettent dans les océans, où les ions chlorures se mélangent aux ions sodium issus de l’activité volcanique sous-marine encore très intense. Et nous voilà donc avec du chlorure de sodium, le nom savant du sel. Et les océans concentrent le sel davantage que les rivières,  dont l’eau est sans cesse renouvelée par les eaux de pluie. Au contraire, en mer, l’eau s’évapore fortement et pas le sel,  ont la concentration augmente. Mais jusqu’à un certain point : depuis des millions d’années, elle est restée stable, entre  30 et 40 grammes par litre d’eau. Plusieurs explications sont avancées pour expliquer ce phénomène : il pourrait s’agir d’une réaction chimique avec le basalte des fonds marins qui dissout le sel et/ou d’une agglomération avec l’argile qui  rendrait le poids des particules ainsi obtenues suffisant pour qu’elles soient entraînées vers le fond. On suppose alors  que, sous l’effet de la tectonique des plaques, le sel capturé passe sous la croûte terrestre. Reste que si la salinité  océanique est stable dans le temps, elle ne l’est pas dans l’espace : les océans sont plus salés dans les zones chaudes, où l’évaporation de l’eau est la plus importante, que dans les zones froides. C’est particulièrement évident dans les mers  semi-fermées, qui vont d’une concentration de 40 g/l en mer Rouge à 6 g/l en Baltique, la mer Morte et ses 330 g/l  constituant un phénomène extrême.

Mais si le sel est la principale caractéristique de l’eau de mer, ce n’est pas lui qui met vos sens en éveil dès que vous approchez de la grande bleue. C’est l’odeur « d’iode », qui n’est pas due à l’iode mais à quelque chose de beaucoup moins romantique, en l’occurrence au sulfure de diméthyle, liquide inflammable et insoluble dans l’eau, issu de la décomposition du phytoplancton. Inutile donc de sniffer votre salière en souvenir des  vacances !

 

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.http://www.sudouest.fr/lemag/
Crédit photo : Pierre Baudier