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Pourquoi le maïs a-t-il besoin d’autant d’eau ?

Pourquoi le maïs a-t-il besoin d’autant d’eau ?

FLÂNEUR DES SCIENCES

Au village, sans prétention, il a mauvaise réputation. Depuis son arrivée d’Amérique du Sud dans les soutes des  conquistadors, le maïs a un peu l’air du parent pauvre des plantes du Nouveau Monde importées en Europe.

Alors qu’il  est présent en Espagne et en Italie depuis le début du XVIe siècle, le « blé de Turquie » (ou encore « turquis ») met plus  d’un siècle à débarquer en France, essentiellement dans le Sud-Ouest.

Aliment du pauvre, voire juste bon pour les bêtes, au XIXe siècle on l’accuse en outre d’être à l’origine de la pellagre, cette maladie qui se manifeste par des symptômes cutanés et conduit même à la démence. En fait, c’était le mode de préparation du maïs qui était responsable de la destruction des vitamines B3, entraînant une carence causant la maladie. Bref, le maïs, côté image de marque, ce  n’est pas la tomate. Et lorsqu’on traverse les Landes en août et que l’on voit les canons à eau déverser des tonnes du précieux liquide sur les champs de maïs en plein midi, ce n’est pas fait pour améliorer l’image de cette céréale. Car près de la moitié de l’eau utilisée pour l’irrigation en France l’est pour le maïs.

 

Des sols riches et profonds

 

Pour autant, même  s’il est vorace en eau, il reste moins goulu que le blé : il faut certes 575 mm d’eau par hectare au maïs contre 550 pour le blé (et 650 pour la betterave à sucre), mais, au kilo, le blé a besoin de 600 à 700 litres d’eau contre 400 pour le maïs, ceci parce que la productivité du maïs reste supérieure. Le souci, c’est que presque toute cette consommation a lieu durant la fructification du maïs, soit grosso modo de la fin juin à la mi-août en Europe, et qu’il faut l’irriguer, alors que le blé pousse surtout au printemps, à l’eau de pluie. Pourtant, le maïs est une des céréales qui utilisent le plus efficacement l’eau qu’elles reçoivent grâce à la fermeture plus longue de ses stomates, ces « pores », situés sur les feuilles, qui permettent aux plantes d’évacuer l’oxygène et la vapeur d’eau : hors fructification, elle peut gérer une sécheresse sans mal.

Mais pour que le maïs soit économe en eau, encore faut-il qu’il soit planté dans des terrains propices, à savoir des  sols riches et profonds. Ce qui ne correspond pas vraiment au sol sablonneux que l’on trouve dans les Landes, premier producteur français, devant les Pyrénées-Atlantiques. L’Aquitaine est d’ailleurs la première région maïsicole de France, puisqu’elle regroupe 20 % des surfaces qui lui sont consacrées dans le pays, devant Poitou-Charentes (11 %) et  Midi-Pyrénées (10 %). Après, on peut toujours se consoler en pensant qu’un hectare de maïs produit deux fois plus  d’oxygène qu’un hectare de forêt. Au moins, on ne manque pas d’air… Il faut 575€mm d’eau par hectare de maïs.
 

 

Chronique réalisée en collaboration avec le Mag de Sud Ouest.
http://www.sudouest.fr/lemag/

Photo credit: petitspapiers via photopin cc