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Archéologie : le site gallo-romain du Fâ livre de nouvelles surprises

La cité du Fâ, importante ville portuaire gallo-romaine située en bord d'estuaire de la Gironde tout près de Talmont, a duré bien plus longtemps qu'on ne le pensait. De cinq siècles d'existence, elle passe désormais à treize siècles d'occupation. Sans que l'on sache encore d'où vient son déclin plus tardif que prévu.

 

Les sondages en tranchées ont permis d'évaluer potentialités sous environ 3% de la surface du site.

Jusqu'alors, le site du Fâ à Barzan était une parenthèse antique dans l'estuaire de la Gironde. On estimait qu'il n'avait été occupé que quelques siècles, autour de la période gallo-romaine, grosso-modo du II ème siècle avant JC aux trois premiers siècles de notre ère.

 

Il y avait bien quelques indices d'occupation du néolithique jusqu'à l'âge du fer dans les environs immédiats mais rien ne prouvait qu'il pouvait y avoir une continuité d'habitation sur le site. Depuis les fouilles entreprises de 2014 à cet été 2016 sous la responsabilité de Karine Robin du Service archéologique de Charente-Maritime, on sait que la ville a été habitée en fait du V ème siècle avant notre ère jusqu'au VIII ème siècle après JC. Soit treize siècles d'existence, ce qui commence à constituer une histoire respectable.

 

Du premier habitat structuré, qui s'étend sur cinq hectares, il reste essentiellement des fossés, des trous de poteaux en bois et de la céramique. Des traces peu importantes car, en arrivant, les Romains ont totalement restructuré la ville à leur image, traçant des rues droites et implantant des monuments (théâtre, thermes et sanctuaires).

 

A cette confirmation, de ce que l'on pressentait sans avoir de preuves, s'ajoute cette fois un élément totalement nouveau : le site du Fâ n'a pas été entièrement abandonné au III ème siècle mais il a perduré, en perdant de sa superbe, jusqu'au VIII ème.

 

Les habitants les plus riches ont déserté la cité portuaire


« Certains monuments publics ont été désaffectés parce que les habitants les plus aisés sont sans doute partis. » estime Karine Robin. De fait, on récupère des matériaux sur les maisons patriciennes vides et les grands monuments. Et l'on trouve « un mode de construction un peu différent qui se superpose aux constructions romaines, comme des pans de bois appuyés sur des murs romains. » Les fouilles ont permis d'identifier une zone d'habitat, une zone funéraire et une zone de silos (entre 15 et 20), les uns à côté des autres, permettant de stocker les vivres pour la mauvaise saison.

 

Fouillé depuis près d'une centaine d'années, le site du Fâ n'avait jamais livré ces informations parce que les archéologues s'étaient concentrés sur les monuments les plus importants. Cette dernière campagne s'en est éloignée, étendant les recherches par sondages sur les 40 hectares de l'ensemble du site. Cela a permis de localiser des quartiers socialement plus modestes que les maisons de notables déjà repérées à côté des monuments principaux.

 

Reste à déterminer ce qui a conduit au départ des plus riches : l'hypothèse d'un envasement du port qui faisait vivre la ville reste à confirmer. Peut-être lors de la prochaine campagne de fouilles qui sera mise en route en 2018 en se basant sur ces dernières découvertes.