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Archéologie : 1000 ans refont surface à Colayrac (47)

Des tombes de l'âge du fer, une plate-forme antique sans doute religieuse : un site de fouilles du Lot-et-Garonne vient de révéler des vestiges rares.

Pendant les fouilles entreprises par l'INRAP en 2015, le mur de soutènement d'un bâtiment dont la vocation est encore floue

« De l'âge du fer au haut Moyen Âge, il y a une occupation pérenne du site. Pas continue, mais pérenne sur 1000 ans », annonce Alexandra Hanry, archéologue de L'Inrap. A Colayrac-Saint-Cirq, à quelques kilomètres à l'ouest d'Agen, cinq campagnes de fouilles étalées de novembre 2014 à juillet 2015 ont révélé un site rare en Aquitaine.
C'est un érudit local qui, en passant devant des travaux de construction d'un lotissement, qui prévient l'Inrap : il a repéré des traces d'un mur antique. Les fouilles entreprises par Alexandra Hanry vont révéler bien davantage. A commencer par huit dépôts funéraires datant du 1er âge du fer (650 à 500 av JC), soit avant l'époque gauloise. Ce sont des dépôts de défunts brûlés et enterrés avec des objets personnels, essentiellement des torques et des fibules. Deux de ces dépôts, qui sont sûrement plus nombreux mais coincés sous la route, étaient recouverts de cercles funéraires. On a en effet retrouvé des bases de tertres qui servaient à signaler l'emplacement de la tombe. « On ne s'attendait pas à cela puisqu'on était parti pour fouiller du gallo-romain » mais aussi parce les vestiges de cette période sont rares en Aquitaine. L'un d'entre eux se trouve à Aiguillon, à quelques kilomètres plus à l'ouest, toujours le long de la Garonne.

 

Un sanctuaire rural ?

 

Quelques traces de fossé du second âge du fer témoignent d'une présence gauloise ténue qui fait le lien avec l'époque antique. Ici, on tombe sur une occupation d'abord assez peu précise de 40 à 70 après J-C mais très spectaculaire après 70 : une plate-forme de 100 mètres de long sur 30 mètres de large dont on n'a pu fouiller que deux angles sur les quatre. Le reste se trouve sous une parcelle qui n'était pas ouverte à la fouille. Le bâtiment se présente comme un gros podium, un mur qui fait encore jusqu'à un mètre de haut, avec des contreforts circulaires à l'intérieur et pourrait être soit un trophée pour célébrer une bataille soit un sanctuaire rural.

 

Alexandra Hanry penche d'ailleurs vers cette explication puisqu'à l'avant de cette plate-forme, elle a mis à jour un petit bâtiment construit en matériaux périssables. A l'intérieur gisaient nombre d'objets métalliques, dont deux statues de Mercure en bronze et des fibules ployées, signes d'offrande aux dieux. Vendeur de souvenirs ? Logis d'une personne très pieuse ? Aucune réponse n'est certaine. Mais la position de la plate-forme, en bordure de falaise surplombant la Garonne, a été choisie pour qu'on la voit de loin.
En Aquitaine, il n'y a qu'à Dax que l'on a retrouvé un tel type de plate-forme. Cette vocation « spirituelle » perdure au haut Moyen Âge : deux tombes de cette époque closent la liste des découvertes d'une fouille « qui nous laisse sur notre faim ». Comme souvent avec l'archéologie préventive.