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Alzheimer : où en est la recherche en Nouvelle Aquitaine ?

La journée mondiale de la maladie d’Alzheimer se déroule ce mercredi 21 septembre 2016. L'occasion pour la rédaction de C-yourmag de faire le point sur les nouvelles pistes thérapeutiques et de prise en charge des malades en Nouvelle Aquitaine avec la Professeur Muriel Rainfray, médecin gériatre au CHU de Bordeaux.

 

Géraitre et responsable de la consultation mémoire à l'EHPAD Alzheimer à l'Hôpital Xavier Arnozan à Pessac, le Pr Muriel Rainfray est à la pointe de la recherche sur Alzheimer en Nouvelle Aquitaine.

En France, près d’un million de personnes sont touchées par la maladie d’Alzheimer. Si, pour l’heure, aucun traitement n’existe pour la prévenir (vaccin) ou la soigner, la recherche s’active et des progrès ont été faits en matière de diagnostic, de prise en charge des malades et de lutte contre les symptômes. La Nouvelle Aquitaine n’est pas en reste grâce, notamment, à la création fin 2014 d’un centre de traitement et de recherche sur la maladie d’Alzheimer, souhaité par Michèle Delaunay, alors ministre déléguée aux Personnes âgées et à l’Autonomie : l’Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) atteintes de la maladie d'Alzheimer ou maladies apparentées "Les Jardins de l'Aouette" du CHU de Bordeaux à l’Hôpital Xavier Arnozan, à Pessac. « Il accueille de manière permanente, en hébergement temporaire ou en accueil de jour 65 personnes atteintes de la maladie », précise le Pr Muriel Rainfray, responsable de la consultation mémoire. Pour l’instant, la recherche sur les patients n’y est pas autorisée, mais l’Agence régionale de santé devrait délivrer une telle autorisation au courant de l’année 2017.

 

La fréquence des cas diminue

Toutefois, grâce à trois cohortes régionales (PAQUID, 3C et AMI) et autres études, des découvertes ont pu être faites. « En 2008, l’équipe de Jean-François Dartigues, épidémiologiste au sein du CHU de Bordeaux a par exemple montré que les troubles exécutifs (organisation, planification…) et une certaine restriction du vocabulaire apparaissaient une dizaine d’années avant le diagnostic », détaille le Pr Rainfray.

Plus récemment, Carole Dufouil, épidémiologiste bordelaise, a découvert avec la collaboration de chercheurs de l’Université de Boston que le nombre de nouveaux cas de démence baissait : il a fléchi de 20 % sur une période de dix ans. Comment cela s’explique-t-il ? Plusieurs hypothèses sont avancées : il y a une meilleure prise en compte des facteurs de risque cardiovasculaires – hypertension, cholestérol, diabète… - par les médecins ; les personnes ont une meilleure hygiène de vie (meilleure alimentation, sport, moins de tabac…) ; le niveau éducatif des femmes a fortement augmenté, ce qui protège de l’expression des symptômes… Une nouvelle rassurante alors que la génération de baby-boomers atteint l’âge de déclaration de la démence.

 

Une origine infectieuse?

Par ailleurs, les scientifiques bordelais s’intéressent aussi à l’origine de la maladie, qui demeure mystérieuse : « Dans la cohorte PAQUID (pour « Personnes âgées QUID ? ») de 10 000 individus, suivis de 1988 à au moins 2003, on a remarqué qu’il y avait davantage de cas de démence chez les personnes porteuses d’Helicobacter pylori, une bactérie responsable notamment d’ulcères et de gastrites chroniques. Des études sur des souris sotn en cours pour préciser le rôle de cette bactérie sur l'apparition de la maladie », précise le Pr Rainfray. D’autres pistes en France sont à l’étude, notamment sur le rôle de certains virus.

 

Architecture et Alzheimer : mieux agencer les lieux qui accueillent des déments

Le Pr Rainfray, elle, s’apprête à codiriger une thèse en architecture avec Guy Tapie, sociologue au Centre Emile Durkheim de l’Université de Bordeaux, sur l’architecture et l’appropriation spatiale des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. « Dans l’EHPAD "Les Jardins de l'Alouette", nous avons veillé à ce qu’il comporte de grands espaces de déambulation pour permettre aux résidents de marcher autant qu'ils le désirent jour et nuit sans se perdre », souligne la spécialiste. Le Pr Rainfray a aussi insisté pour que l’EHPAD soit relié à un relais H Café afin que les malades et leurs familles puissent acheter la presse ou faire une pause gourmande. Cela participe aussi à la socialisation des malades. Autant de libertés dont ils ne sont pas privés.

 

 

Bientôt un village Alzheimer dans les Landes !

Annoncé en septembre 2015 par Laurence Rossignol, la secrétaire d’Etat chargée des personnes âges et de l’autonomie, un village destiné à 150 personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer devrait voir le jour près de Mont-de-Marsan ou de Dax (Landes) d’ici 2018. Ce projet unique en France s’inspire de la maison de retraite de Hogewey à Weesp, près d’Amsterdam, qui permet à ses résidents de maintenir une vie sociale dans un environnement sécurisé et répond à leurs centres d’intérêts. Ce projet pilote qui va être évalué par l’Institut de santé publique, d’épidémiologie et de développement (ISPED) à Bordeaux, a vocation à essaimer dans tout l’Hexagone.

 

 

Florence Heimburger

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